Grand Griffon Vendéen : taille, voix et entretien du chien courant
Quand on dit « Griffon Vendéen » sans précision, on désigne en réalité quatre races distinctes. Celle dont il est question ici est le Grand Griffon Vendéen, le plus haut sur pattes des quatre, celui qui a été façonné pour mener le grand gibier dans le bocage et les taillis de l’Ouest. C’est un chien courant de meute avant d’être un chien de maison, et cette fiche part de là.
Lequel des quatre griffons vendéens
La famille vendéenne se lit du plus grand au plus petit. Le Grand Griffon Vendéen mène le grand gibier, sanglier et chevreuil. Le Briquet Griffon Vendéen, de taille intermédiaire, chasse le lièvre et le renard. Viennent ensuite le Grand Basset Griffon Vendéen puis le Petit Basset Griffon Vendéen, tous deux courts sur pattes, spécialisés dans le lièvre et le lapin.
Les quatre partagent le poil dur, la barbe et les sourcils, mais leur usage n’a rien à voir. Confondre un Grand Griffon avec un Petit Basset revient à confondre un cheval de trait avec un poney. Ce qui suit concerne uniquement le grand modèle : un chien de 60 cm et plus, sélectionné pour tenir une voie pendant des heures dans les ronces.
Un chien de meute pour le sanglier
La Vendée et le Poitou ont produit pendant des siècles des chiens capables de forcer le loup puis le sanglier dans un terrain fermé, plein d’épines et de fossés. Le Grand Griffon descend de ces chiens de vénerie de l’Ouest, avec l’apport probable des chiens blancs du roi et du Griffon fauve de Bretagne. Sa physionomie est une réponse au terrain, pas une esthétique.
Il travaille en meute plutôt que seul. Un équipage de sanglier réunit couramment une vingtaine de chiens, dont l’entente collective compte autant que le nez individuel. Le Grand Griffon a la voix, l’endurance et le caractère qu’il faut pour ce travail : il ne lâche pas une voie qu’il a prise.
Cette spécialisation explique sa rareté. Les naissances annuelles en France se comptent par dizaines et la quasi-totalité des chiots part chez des chasseurs de grand gibier. Les particuliers qui en cherchent un pour la compagnie se heurtent d’abord à cette réalité : les éleveurs les orientent souvent vers une autre race.
Le poil dur et la carcasse
Le mâle mesure généralement entre 62 et 68 cm au garrot, la femelle entre 60 et 65 cm, pour un poids qui tourne autour de 30 à 35 kg. La construction est puissante sans lourdeur, avec une poitrine descendue, des membres solides et une queue portée en lame de sabre.
Le poil est long, dur au toucher, jamais laineux ni bouclé. Il double une peau épaisse qui encaisse les épines. Sourcils fournis mais dégageant l’œil, moustache et barbe abondantes. Les robes admises sont nombreuses : fauve, lièvre, sanglier, tricolore, blanc et orange, noir marqué de fauve, avec ou sans manteau.
Les oreilles sont longues, étroites, couvertes de poil fin, attachées bas. Elles se retournent volontiers après une course et méritent une vérification systématique au retour, car elles ramassent tout ce qui traîne au sol.
La voix, le point que personne n’anticipe
Un chien courant donne de la voix, c’est sa fonction. Il crie quand il est sur la voie du gibier, et cette voix porte à plusieurs centaines de mètres, grave et sonore. C’est exactement ce que le chasseur recherche : il suit sa meute à l’oreille.
Transposez ça dans un lotissement. Un Grand Griffon qui entend un chat, un facteur ou un chevreuil au fond du champ voisin donne de la voix de la même façon, sans notion de volume acceptable. Les plaintes de voisinage sont la première cause d’abandon chez les chiens courants placés en famille.
Ce trait ne s’éduque pas complètement. On peut lui apprendre à cesser sur ordre, réduire les déclencheurs, l’occuper pour qu’il aboie moins par ennui. On ne fera jamais d’un chien de meute un chien silencieux.
Caractère et vie quotidienne
Avec les humains, il est franc, gai, dépourvu d’agressivité. Un chien de meute qui mord ou grogne dans le chenil est écarté de la reproduction depuis des générations, ce qui a produit une race très sociable envers ses congénères comme envers les gens.
Il est aussi têtu, bruyant et indépendant. Il travaille loin du maître, prend ses décisions seul et se moque des ordres qui contrarient une piste. Le dressage classique en obéissance le laisse tiède : il apprend, il obéit quand rien de plus intéressant ne se présente.
Avec les enfants, il est plutôt patient, à condition que sa taille et son enthousiasme ne renversent personne. Avec le chat de la maison, la cohabitation dépend entièrement de l’âge auquel elle a commencé. Le lapin du voisin, lui, reste un gibier.
Santé, entretien et longévité
La race a été peu touchée par les excès de la sélection esthétique, ce qui lui vaut une santé générale correcte. Les points de vigilance sont ceux d’un grand chien à oreilles tombantes et à thorax profond.
L’otite externe arrive en tête : les oreilles longues et poilues ferment le conduit, l’humidité s’y installe, l’infection suit. Nettoyage hebdomadaire, séchage après chaque sortie en zone humide. La dysplasie coxo-fémorale se dépiste par radiographie officielle après douze mois, avec une cotation de A à E que tout éleveur sérieux communique.
Le syndrome dilatation-torsion de l’estomac guette les poitrines profondes : deux repas quotidiens, pas d’effort dans l’heure qui suit, et une urgence vétérinaire immédiate devant un ventre tendu accompagné d’efforts de vomissement improductifs. Les épillets, de juin à septembre, se logent entre les doigts, dans les oreilles et sous la barbe.
Côté entretien, le poil dur se brosse une fois par semaine et s’épile deux fois par an pour retirer le poil mort. Pas de tonte : elle abîme la texture et la protection contre les épines. La barbe se rince après les repas, sinon elle fermente.
Trouver un chiot et ce qu’il coûte
Le club de race, rattaché aux chiens courants français, tient la liste des portées et reste la voie fiable. Les annonces généralistes proposent régulièrement des « griffons vendéens » sans papiers qui sont des croisés de chien courant, souvent issus de meutes non déclarées.
Le prix d’un chiot inscrit au LOF se situe dans la fourchette basse des chiens de chasse français, l’élevage vendéen étant peu spéculatif. Ce montant couvre l’identification, la primo-vaccination, le certificat vétérinaire et les papiers. Les portées sont souvent nombreuses, huit à dix chiots n’ont rien d’inhabituel chez un chien courant de ce gabarit.
Un Grand Griffon Vendéen vit couramment une dizaine à une douzaine d’années. Les chiens de meute qui passent à la retraite prennent vite du poids une fois la saison terminée : la ration doit baisser dès la fermeture, faute de quoi les hanches et le dos paient l’addition à huit ans.
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