Buhund Norvégien : taille, caractère et santé du spitz de ferme

Buhund Norvégien

Le Buhund Norvégien est un spitz de ferme de taille moyenne, queue enroulée sur le dos, oreilles droites, poil serré. En Norvège il rassemble les moutons, garde la cour et donne l’alerte. En France on en compte très peu, et ceux qui en adoptent un sans avoir mesuré son besoin d’occupation le regrettent vite. Fiche de race complète.

Le chien de ferme des fjords

Son nom dit sa fonction. En norvégien, « bu » désigne l’étable ou la ferme d’altitude, et « hund » le chien : le Buhund est littéralement le chien de la ferme. Il gardait les bâtiments, regroupait les moutons et les chèvres sur les pâtures d’estive et signalait tout ce qui approchait.

Le type est ancien. Des squelettes de chiens de forme comparable ont été retrouvés dans des sépultures vikings de Norvège, et les colons scandinaves ont emmené ces spitz avec eux vers l’Islande et les îles britanniques. Le Buhund d’aujourd’hui a été fixé bien plus tard, au XXe siècle, par des éleveurs norvégiens qui ont rassemblé les chiens de ferme de la côte ouest.

La FCI le classe au groupe 5, celui des spitz et des chiens de type primitif, dans la section des chiens nordiques de garde et de berger. Il y côtoie le Berger islandais et le Lapphund suédois, avec lesquels il partage l’allure générale et une bonne part du tempérament.

Ce que dit le standard

C’est un chien carré, presque aussi haut que long. Le mâle mesure le plus souvent entre 43 et 47 cm au garrot, la femelle entre 41 et 45 cm, pour un poids qui s’échelonne de 12 à 18 kg selon le sexe. Un gabarit de chien moyen, léger, facile à charger dans une voiture ou à faire monter dans un train.

La tête est cunéiforme, les oreilles droites et mobiles, l’œil sombre et vif. La queue s’enroule serrée sur le rein, portée haut. Le poil est double : un sous-poil laineux dense et un poil de couverture dur et couché, plus long autour du cou, à l’arrière des cuisses et sur la queue.

Rien de spectaculaire dans cette morphologie, et c’est justement ce qui la sauve. Le Buhund n’a jamais été déformé par une mode : museau de longueur normale, dos droit, angulations mesurées, aplombs corrects. Il court, saute et vieillit sans les handicaps mécaniques de bien des races à la page.

Buhund Norvégien
Silhouette de spitz nordique : oreilles droites, queue enroulée, double poil serré.

Un spitz qui aboie beaucoup

Le point à regarder en face avant toute chose. Un chien de ferme scandinave a été sélectionné pendant des siècles pour prévenir : quelqu’un arrive, une bête sort de l’enclos, un bruit inhabituel dans la nuit. L’aboiement fait partie du cahier des charges, il n’est pas un défaut d’éducation.

Chez un particulier, ça donne un chien qui signale la voiture du voisin, le pas dans la cage d’escalier, l’oiseau sur le balcon. Le volume est élevé et la voix est aiguë. En maison isolée, on s’en accommode. En appartement mitoyen, c’est la source de conflit numéro un.

On peut réduire nettement ce comportement en lui apprenant un signal d’arrêt, en limitant les stimulations visuelles derrière une fenêtre et surtout en le fatiguant mentalement. Un Buhund qui s’ennuie aboie deux fois plus. On ne le rendra pas muet pour autant.

Une tête à occuper avant des pattes à fatiguer

Il apprend très vite, retient bien, aime travailler. En Norvège, il est utilisé en obéissance, en agility, en recherche de personnes et parfois encore sur troupeau. Cette vivacité d’esprit est son meilleur atout et son principal piège : un chien intelligent sans emploi s’invente un emploi, généralement destructeur.

Comptez une heure à une heure trente de sortie quotidienne, plus dix à quinze minutes de travail mental par jour : apprentissage de tours, jeux de recherche alimentaire, exercices de discrimination d’odeurs. C’est le second volet qui fait la différence chez cette race, davantage que le kilométrage.

Son indépendance de spitz mérite d’être connue. Il collabore volontiers, mais il négocie. La contrainte le braque, la répétition l’ennuie, et il coupe court quand l’exercice n’a plus d’intérêt à ses yeux. Les méthodes de renforcement positif, avec des séances courtes, donnent des résultats bien plus nets que l’autorité.

Points de santé à dépister

La race est globalement saine, avec une longévité qui atteint couramment douze à quinze ans. Trois sujets méritent une question directe à l’éleveur.

La dysplasie coxo-fémorale, d’abord, dépistée par radiographie officielle à partir de douze mois et cotée de A à E. Les affections oculaires héréditaires ensuite, la cataracte en particulier, qui se recherchent par un examen ophtalmologique réalisé par un vétérinaire agréé et renouvelé sur les reproducteurs.

Enfin, une forme d’épilepsie idiopathique est décrite dans la race et suivie de près par les clubs norvégien et britannique. Les premières crises apparaissent en général chez le jeune adulte. Il n’existe pas de test génétique de routine, ce qui rend l’information sur l’ascendance d’autant plus utile : demandez si des crises sont connues dans la lignée, un éleveur honnête répondra.

Le poil et les deux mues

L’entretien courant est léger : un brossage hebdomadaire au râteau ou à la brosse à carder suffit la majeure partie de l’année. Pas de toilettage professionnel, pas de coupe, pas de tonte. Tondre un double poil nordique ruine sa fonction isolante et il repousse mal, parfois de façon irrégulière.

Deux fois par an, tout change. La mue de printemps et celle d’automne libèrent le sous-poil par plaques pendant deux à trois semaines. Il faut alors brosser tous les jours, dehors de préférence, et accepter que la maison en garde des traces. Les propriétaires qui découvrent ce phénomène la première année sont souvent pris de court.

Le reste est simple : griffes coupées une fois par mois chez un chien qui vit surtout sur sol souple, oreilles droites donc bien ventilées et peu sujettes aux otites, dents brossées régulièrement comme chez tout chien de taille moyenne.

En trouver un en France

Les naissances françaises sont rares et irrégulières. La plupart des acquéreurs passent par la Norvège, la Suède ou le Royaume-Uni, où la race est mieux implantée et où les clubs publient les résultats de dépistage des reproducteurs. Une importation depuis un pays de l’Union suppose puce, passeport européen et vaccination antirabique valide, le chiot ne pouvant voyager avant quinze semaines.

Le prix se situe dans la fourchette classique d’un chien de race moyenne inscrit à un livre des origines, auquel s’ajoutent le transport et les frais de transcription au LOF. Ce qui coûte le plus n’est pas le chiot, c’est l’attente : les listes chez les éleveurs sérieux se comptent en mois, parfois plus d’un an.

Un dernier détail que les nouveaux propriétaires notent tous : ce chien parle. Grognements modulés, couinements, petits sons quand on lui adresse la parole. Ce n’est pas de l’inconfort, c’est un trait de communication commun à plusieurs spitz nordiques, et il s’intensifie avec la complicité.

Résumer cet article avec :

Partager :