Grand Basset Griffon Vendéen : poil dur, voix forte, dos fragile

Grand Basset Griffon Vendéen

Le Grand Basset Griffon Vendéen porte un nom qui décrit exactement ce qu’il est, à condition de le lire dans le bon ordre. Grand, parce qu’il existe une version plus courte, le Petit Basset Griffon Vendéen. Basset, parce que ses membres sont raccourcis par rapport à la longueur de son corps. Griffon, parce que son poil est dur et broussailleux. Vendéen, parce qu’il vient du bocage de l’ouest de la France, où il a été fixé pour chasser le lièvre.

Quatre races vendéennes, souvent confondues

La confusion est permanente, y compris chez des vétérinaires. La famille vendéenne compte quatre races distinctes, toutes du même type de poil dur : le Grand Griffon Vendéen, le plus haut sur pattes, le Briquet Griffon Vendéen, de taille intermédiaire, le Grand Basset Griffon Vendéen et le Petit Basset Griffon Vendéen. Les deux derniers sont ceux qu’on croise le plus souvent aujourd’hui, et ce sont eux qu’on prend l’un pour l’autre.

La différence tient d’abord à la hauteur au garrot : le Grand se situe autour de 40 à 44 cm, le Petit reste sous les 38 cm. Elle tient ensuite aux proportions. Le Grand est nettement plus long que haut, avec un corps qui s’étire, alors que le Petit est plus ramassé, presque cubique une fois qu’on a l’œil. La FCI les classe l’un et l’autre dans le groupe 6, section des petits chiens courants.

Un chasseur de lièvre avant tout

Le travail d’origine explique tout le comportement. Ce chien chasse le lièvre à la voix, souvent en petit groupe de trois ou quatre, dans des ronciers et des haies où un chien haut sur pattes ne passerait pas. Il est lent par rapport à un chien courant de grande vénerie, ce qui est voulu : le lièvre doit rester devant lui et revenir sur son parcours plutôt que de partir à l’infini.

De cette sélection viennent trois traits que tout propriétaire rencontre. Une endurance qui ne s’épuise pas en une promenade d’une heure. Une voix puissante, sonore, utilisée pour rendre compte de la voie et pas seulement pour signaler un visiteur. Et une indépendance de décision qui déroute quiconque a connu un Golden Retriever avant lui.

Grand Basset Griffon Vendéen

Le poil dur : ce que ça change au quotidien

Le poil vendéen est long, dur au toucher, jamais soyeux, avec un sous-poil fin et fourni. Le standard parle d’un poil broussailleux, et c’est bien l’impression donnée : ce chien a l’air décoiffé en permanence, y compris juste après le brossage. Les sourcils fournis et la barbe font partie du type, on ne les taille pas.

L’entretien réel demande un brossage sérieux deux fois par semaine, à la brosse et au peigne métallique, en insistant derrière les oreilles, aux aisselles et à la culotte, où les nœuds se forment. Le poil dur ne se tond pas : on l’épile, à la main ou au couteau, une à deux fois par an. La tonte à la machine ramollit le poil, ternit la couleur et supprime la protection contre les épines. Un toiletteur qui propose une tonte sur un Griffon Vendéen n’a pas compris la race.

La contrepartie est agréable : ce poil ne perd presque pas, la maison reste propre, et le chien sèche vite après la pluie. Il attrape en revanche tout ce qui traîne. Après une sortie en herbe haute en juin, comptez dix minutes pour retirer les graines de graminées, surtout dans les oreilles et entre les doigts.

Vivre avec lui : le vrai portrait

À la maison, c’est un chien gai, franchement sociable, qui ne développe pas d’agressivité et qui accepte les enfants avec une patience qu’on lui reconnaît volontiers. Il s’entend avec les autres chiens sans difficulté, ce qui découle de sa vie en petit lot à la chasse. Avec un chat de la maison, la cohabitation se met en place si le chiot y est habitué tôt. Avec le chat du voisin qui traverse le jardin, la scène est différente.

Le point qui surprend les nouveaux propriétaires reste la fugue. Un Grand Basset Griffon Vendéen qui capte une odeur de lièvre part, et il ne s’agit pas d’un problème d’éducation. Les clôtures basses ne l’arrêtent pas : il ne saute pas très haut, mais il creuse, et il passe partout où sa tête passe. Beaucoup d’éleveurs conseillent une clôture grillagée enterrée sur vingt centimètres.

Le second point est la voix. Ce chien aboie, hurle à la façon d’un chien courant, et il le fait fort. En maison mitoyenne ou en appartement, le problème se pose vraiment, surtout s’il reste seul la journée. Ce n’est pas une race silencieuse et aucun dressage ne la rendra silencieuse.

Éducation : patience et récompenses courtes

Il apprend vite, mais il négocie. Un chien courant ne travaille pas dans l’attente du regard de son maître comme le fait un berger : il décide, puis il rend compte. Les séances longues et répétitives l’ennuient et il décroche. Trois séances de cinq minutes valent mieux qu’une demi-heure.

Le rappel se travaille en longe, très tôt, et avec une récompense qui vaut mieux qu’une piste : fromage, saucisse, pas une croquette de sa ration. Même bien travaillé, ce rappel restera moyen sur voie fraîche, et l’honnêteté oblige à le dire. La solution pratique passe par des lieux clos pour les courses libres, et une longe de dix mètres ailleurs.

Santé : le dos, les oreilles, les yeux

Le format basset, avec un corps allongé sur des membres courts, expose la colonne aux problèmes discaux. Le risque reste moins élevé que chez un Teckel, dont la chondrodystrophie est plus marquée, mais il existe. Deux réflexes limitent la casse : maintenir le chien mince toute sa vie, et éviter les descentes d’escalier répétées et les sauts depuis le canapé ou le coffre de la voiture. Une rampe pour le coffre coûte peu et évite des années d’usure.

Les otites reviennent souvent, pour les raisons vues plus haut. Côté oculaire, les affections héréditaires de la rétine sont surveillées dans plusieurs lignées de Griffons Vendéens, et il existe des dépistages ophtalmologiques annuels chez les reproducteurs : demandez-les à l’éleveur. L’épilepsie a été signalée dans la race, sans qu’un test génétique fiable soit disponible pour l’instant, ce qui rend le suivi des ascendants utile.

L’espérance de vie se situe couramment entre 12 et 14 ans, ce qui est bon pour un chien de ce gabarit. Les vieux sujets restent gourmands et actifs longtemps, et c’est souvent l’arthrose lombaire qui signe la fin de carrière plutôt qu’une maladie d’organe.

Un mot sur l’achat. La race reste peu nombreuse hors de France et des Pays-Bas, et les portées se réservent à l’avance auprès d’éleveurs souvent chasseurs. Demandez à voir les parents, le carnet de santé, l’identification par puce et l’inscription au LOF. Et posez la question du bruit : un éleveur honnête vous fera écouter ses adultes donner de la voix avant que vous signiez quoi que ce soit.

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