Voyager avec son chien : passeport, voiture, train et avion
Partir avec son chien se prépare deux mois à l’avance, pas la veille. Le passeport, le vaccin antirabique, le mode de transport et l’hébergement s’enchaînent dans un ordre précis, et rater une case oblige parfois à annuler le départ. Voici la marche à suivre, dans l’ordre où les choses se posent.
Les papiers, la première chose à régler
Tout commence par l’identification. Le chien doit porter une puce électronique conforme à la norme internationale, et cette puce doit avoir été posée avant la vaccination antirabique, sans quoi le vaccin ne compte pas. Un tatouage lisible reste accepté dans certains cas s’il a été fait avant juillet 2011, mais la puce évite toute discussion à la frontière.
Vient ensuite le passeport européen pour animal de compagnie, délivré par un vétérinaire habilité, sur lequel figurent l’identification, le propriétaire et les vaccinations. Pour circuler dans l’Union européenne, la vaccination antirabique est obligatoire, y compris pour un pays où la rage a disparu.
Certaines destinations ajoutent leurs propres exigences. L’Irlande, la Finlande, la Norvège et Malte imposent un traitement contre l’échinocoque, administré par un vétérinaire et inscrit au passeport dans une fenêtre de temps précise avant l’arrivée. Le Royaume-Uni n’accepte plus le passeport européen depuis la sortie de l’Union et réclame un certificat sanitaire établi peu avant le départ. Vérifiez sur le site officiel du pays visé plutôt que sur un forum : ces règles bougent.
La voiture, le trajet le plus fréquent et le plus sous-estimé
Un chien qui circule libre dans l’habitacle est un projectile. À cinquante kilomètres à l’heure, un chien de trente kilos qui percute un dossier développe une force considérable, et il blesse d’abord les passagers avant. Trois solutions tiennent : une caisse de transport arrimée dans le coffre, un filet ou une grille de séparation, un harnais de sécurité attaché à un point fixe. Le collier attaché à une ceinture, jamais : il étrangle en cas de choc.
Le mal des transports concerne surtout les jeunes chiens et s’atténue souvent avec l’âge. Il se travaille : trajets très courts, moteur allumé à l’arrêt, puis deux minutes, puis cinq, avec quelque chose d’agréable à l’arrivée. Un chien à jeun depuis six heures vomit moins. Si rien ne suffit, il existe un antivomitif sur ordonnance conçu pour le mal des transports du chien, à demander au vétérinaire quelques jours avant, pas la veille au soir.
Train, bateau, avion : ce que chaque mode impose
En train, la SNCF accepte les chiens sur presque toutes ses lignes. Les petits gabarits voyagent dans un sac ou une caisse posée sur les genoux, les autres au pied de leur maître, tenus en laisse et muselés. La muselière est rarement contrôlée, elle reste obligatoire, et un contrôleur zélé peut faire descendre un binôme qui n’en a pas. Habituez le chien à la muselière panier des semaines avant, en la lui faisant porter pour manger.
Sur un ferry, les règles varient selon la compagnie : chenil du bord, cabine acceptant les animaux, ou chien laissé dans le véhicule sur le pont garage, sans accès pendant la traversée. Cette dernière option se réfléchit sérieusement pour un chien anxieux.
En avion, deux régimes. En cabine, seuls les petits chiens passent, dans un sac souple placé sous le siège, avec une limite de poids fixée par la compagnie qui inclut le sac. Au-delà, c’est la soute pressurisée, dans une caisse homologuée pour le transport aérien. Beaucoup de compagnies refusent en soute les races au museau écrasé, Bouledogue Français, Carlin, Boxer, parce que leurs voies respiratoires supportent mal la chaleur et le stress. Ce refus n’est pas une tracasserie administrative : des chiens sont morts en soute pour cette raison.
Trouver un hébergement qui accepte réellement les chiens
Accepter les chiens et être adapté aux chiens sont deux choses différentes. Beaucoup d’hôtels cochent la case, puis interdisent l’animal dans les parties communes, au petit-déjeuner et surtout seul dans la chambre. Cette dernière clause change tout : si vous ne pouvez pas laisser le chien vingt minutes le temps de dîner, votre séjour se réorganise entièrement.
Posez trois questions à la réservation. Le chien peut-il rester seul en chambre ? Y a-t-il un supplément par nuit et à combien ? Existe-t-il un accès extérieur direct, sans traverser un hall ? Une location de vacances avec terrain clos résout les trois d’un coup, à condition de vérifier la hauteur de la clôture pour un chien sauteur.
Sur place, les risques qui ne se voient pas
Le Sud change la donne sanitaire. La leishmaniose, transmise par un petit moucheron actif du crépuscule à l’aube de mai à octobre, sévit sur le pourtour méditerranéen ; la protection passe par un collier ou une pipette à effet répulsif, posés avant le départ, pas à l’arrivée. Les chenilles processionnaires du pin, présentes de la fin de l’hiver au printemps, provoquent des nécroses de la langue qui font perdre des morceaux de langue au chien qui les renifle.
À la montagne, les épillets d’herbes sèches s’enfoncent entre les doigts, dans les oreilles et dans le nez de juin à septembre. Inspectez les pattes et les oreilles chaque soir. À la mer, l’eau salée bue en quantité provoque des vomissements et des diarrhées ; proposez de l’eau douce toutes les demi-heures sur la plage, et méfiez-vous du sable brûlant qui décolle les coussinets.
Un dernier réflexe qui coûte trente secondes : avant de partir, vérifiez sur le fichier national d’identification que vos coordonnées sont à jour. Un chien perdu à six cents kilomètres de chez vous ne sera restitué que si le numéro de téléphone associé à sa puce est le bon.
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