Basset des Alpes : le chien de sang court sur pattes des Alpes
Le Basset des Alpes est un chien de chasse autrichien, bas sur pattes, taillé pour retrouver un animal blessé dans une pente à éboulis. Rien à voir avec un basset de compagnie au format réduit : c’est un outil de montagne, sélectionné pendant plus d’un siècle sur le nez, la voix et la solidité des aplombs. En France, on le croise surtout chez des conducteurs de chien de sang, rarement dans un salon.
Son nom allemand, Alpenländische Dachsbracke, dit déjà ce qu’il est : une brachet, un chien courant, à format de teckel. La traduction française a gardé « basset », ce qui prête à confusion avec les bassets français ou anglais. Ils n’ont ni la même origine ni le même travail.
Une race née dans les chasses alpines autrichiennes
La race s’est fixée dans les Alpes autrichiennes, où les chasseurs avaient besoin d’un chien assez court pour se glisser sous les rhododendrons et les rochers, assez calme pour suivre une voie froide sans s’emballer. Les chasses de la cour impériale d’Autriche employaient déjà ce type de chien bas et rouge au XIXe siècle. Le nom actuel ne s’est fixé qu’au XXe siècle, après une période où plusieurs bracken de format court se confondaient dans les registres.
Sa mission première n’est pas de lancer le gibier. C’est la recherche au sang : reprendre la piste d’un chevreuil, d’un chamois ou d’un sanglier blessé plusieurs heures après le tir, parfois le lendemain matin, et le mener jusqu’à l’animal. Un travail lent, méthodique, qui demande un chien capable de rester concentré une heure entière sur une odeur presque effacée.
Le format : court sur pattes, lourd d’ossature
Le standard demande une hauteur au garrot de 34 à 42 cm. Le corps est nettement plus long que haut, la poitrine descendue, l’ossature forte pour la taille. Un adulte pèse en général une quinzaine de kilos, parfois un peu plus chez les mâles bien charpentés. Ce n’est pas un chien fin : posez la main sur son avant-bras, vous sentez de l’os.
Les oreilles sont longues, attachées haut, plates contre la joue. La queue est portée bas, épaisse à la base, avec une légère brosse de poils sur le dessous. La tête reste sèche, sans les plis marqués d’un Basset Hound. C’est un détail utile : là où le Hound accumule les problèmes de peau, le Basset des Alpes n’en a quasiment pas.
Une robe rouge cerf, ou noire marquée de feu
La couleur de référence est le rouge cerf, ce fauve profond qui vire au roux sombre, avec ou sans mouchetures noires sur le dos. La seconde robe admise est le noir marqué de feu, dessin proche de celui d’un teckel arlequin en négatif. Une petite marque blanche sur le poitrail est tolérée.
Le poil est court, dur, très fourni, doublé d’un sous-poil dense qui recouvre aussi le ventre. C’est cette double épaisseur qui lui fait supporter une journée de neige mouillée. Elle a une contrepartie : la mue de printemps est copieuse pour un chien de ce gabarit.
Un tempérament de traqueur, pas de chien de canapé
Le Basset des Alpes est calme à la maison, sociable avec les siens, tolérant avec les enfants qui ne le harcèlent pas. Cette apparente tranquillité trompe beaucoup de gens. Dès qu’il est dehors et qu’une odeur intéressante passe, le chien change : le nez descend, les oreilles balayent le sol et il déroule. Il rappelle rarement dans ces moments-là.
Il donne de la voix sur la piste, avec une gorge grave et sonore qui porte loin. C’est le but recherché par les chasseurs, et c’est un problème réel en lotissement. Un Basset des Alpes qui s’ennuie derrière une clôture se met à crier, et le voisinage l’entend.
Avec ses congénères, il vit sans histoires, l’habitude du chenil collectif y est pour beaucoup. Avec un chat de la maison, la cohabitation se règle en général si le chiot grandit avec lui. Un chat qui détale dehors reste du gibier.
Éduquer un chien qui obéit d’abord à son nez
L’éducation demande de la constance plus que de l’autorité. Ce chien apprend vite ce qui l’intéresse et oublie très bien le reste. Le rappel se travaille dès huit semaines, en intérieur puis en extérieur clôturé, avec une récompense alimentaire de vraie valeur. Sur un terrain ouvert, la longe de dix mètres reste la règle pendant la première année, et souvent bien après.
Le pistage lui donne ce qui lui manque en ville. Une piste de cent mètres tracée dans un pré avec des morceaux de saucisse occupe un adulte mieux qu’une heure de balade en laisse. Deux séances par semaine changent le comportement d’un chien qui tournait en rond.
Le dos long et les articulations
Le format chondrodystrophe, ce corps long sur des membres courts, a un coût. Comme chez le Teckel, la colonne vertébrale supporte mal les sauts répétés et le surpoids. Les hernies discales existent dans la race, moins fréquentes que chez le Teckel mais bien réelles. Deux mesures simples réduisent le risque : interdire les sauts depuis le canapé ou le coffre de la voiture, et maintenir un poids où les côtes se sentent sous les doigts.
Le reste de la santé est plutôt sain. La dysplasie coxo-fémorale se dépiste par radiographie officielle avec une cotation de A à E, et les éleveurs sérieux la pratiquent même quand elle n’est pas obligatoire. L’espérance de vie tourne autour de douze ans, davantage chez un chien resté mince.
Entretien du poil et des oreilles
Un brossage hebdomadaire avec un gant de caoutchouc suffit onze mois sur douze. En période de mue, passez à deux ou trois fois par semaine avec un peigne à dents métalliques, sinon le sous-poil part dans la maison. Le bain reste rare : le poil dur se nettoie tout seul une fois la boue sèche.
Les oreilles tombantes ferment le conduit et retiennent l’humidité. Un contrôle visuel chaque semaine, un nettoyage à la lotion auriculaire toutes les deux à trois semaines, davantage après une sortie en forêt humide. Une odeur aigre ou un chien qui secoue la tête signale une otite qui commence. Vérifiez aussi les espaces entre les coussinets après une sortie en montagne : les épillets s’y logent en été.

Trouver un chiot en France
La race est confidentielle en France. Les portées inscrites au LOF se comptent sur les doigts d’une main certaines années, et beaucoup d’acquéreurs passent par l’Autriche, l’Allemagne ou la Suisse, où l’élevage est mieux structuré. Cela implique un délai d’attente qui se compte souvent en mois, parfois plus d’un an pour une lignée précise.
Un éleveur sérieux vous montre les parents au travail, ou au minimum leur carnet de recherches. Il vous demandera ce que vous comptez faire du chien : la plupart réservent leurs chiots à des chasseurs ou à des conducteurs agréés. Ce filtrage agace, il protège la race d’un phénomène de mode qui a démoli le Basset Hound et le Bouledogue Français.
Si votre projet est un chien de famille sédentaire, dites-le franchement : on vous orientera sans doute ailleurs, et ce sera un bon conseil. Ce chien passe une partie de sa vie le nez au sol dans un dévers boisé. C’est là qu’il est à sa place, et c’est là qu’on comprend pourquoi les Autrichiens l’ont fabriqué comme ça.
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