Pull de Noël pour chien : à qui il sert vraiment et comment le choisir

Pull de Noël pour chien

Un pull ne sert pas à tous les chiens, et c’est la première chose à poser avant d’en acheter un. Un Husky de Sibérie en décembre n’a rien à faire d’une couche de laine sur le dos : son sous poil est précisément ce qui lui permet de dormir dehors. Un Whippet de neuf kilos qui se met à trembler au bout de trois minutes de trottoir gelé, lui, en tirera un bénéfice immédiat. Le pull de Noël arrive dans les rayons dès la mi novembre, entre les guirlandes et les jouets couineurs, et il finit trop souvent sur le mauvais chien, dans la mauvaise taille, pour la mauvaise raison.

Voici comment trier, et comment choisir un modèle que le chien acceptera de garder plus de dix minutes.

Quels chiens ont réellement froid dehors

Un chien maintient sa température interne autour de 38 à 39 °C. Pour y arriver, il joue sur trois leviers : son isolation, sa masse corporelle et son activité. Les trois font défaut en même temps chez certains profils.

Les chiens à poil ras sans sous poil arrivent en tête : Whippet, Lévrier Greyhound, Pinscher nain, Chihuahua à poil court, Doberman, Boxer, Bull Terrier. Leur peau est presque directement exposée. Viennent ensuite les petits gabarits, quelle que soit leur fourrure : plus un corps est petit, plus sa surface est grande par rapport à son volume, donc plus il perd de chaleur vite. Un Yorkshire de trois kilos se refroidit bien plus vite qu’un Berger Allemand de trente cinq kilos, à poil égal.

Restent deux catégories que l’on oublie : les chiots, dont la thermorégulation reste imparfaite pendant les premières semaines, et les chiens âgés ou arthrosiques, qui bougent moins et fabriquent donc moins de chaleur. Un chien qui sort d’une tonte de toilettage en plein hiver entre aussi dans la liste, pour quelques semaines.

Ceux à qui il ne faut surtout pas en mettre

Les races nordiques et les chiens de montagne à double fourrure sont dans le cas inverse. Husky, Malamute, Samoyède, Berger d’Anatolie, Montagne des Pyrénées, Terre Neuve : leur sous poil dense emprisonne l’air et fonctionne comme un duvet. Ajouter un pull par dessus écrase cette couche isolante et gêne la circulation d’air. Le chien a alors chaud à l’arrêt et se retrouve mouillé de sueur à la reprise, ce qui est pire que rien.

Même remarque pour un chien qui court. Trente minutes de rappel dans un champ produisent assez de chaleur métabolique pour qu’un pull devienne une gêne. Le vêtement se justifie sur les sorties lentes : la promenade hygiénique du soir, l’attente devant l’école, la station debout pendant que vous discutez sur le trottoir.

Pull de Noël pour chien

Prendre trois mesures avant de commander

La taille annoncée sur l’étiquette, S, M ou L, ne veut rien dire d’un fabricant à l’autre. Un Teckel et un Bichon pèsent parfois la même chose et n’entrent jamais dans le même vêtement. Sortez un mètre de couturière, faites tenir le chien debout et relevez trois chiffres.

La longueur de dos se mesure de la base du cou, là où se pose le collier, jusqu’à la naissance de la queue. Le pull ne doit pas dépasser ce point, sinon il gêne les mâles quand ils urinent et se salit. Le tour de poitrail se prend derrière les coudes, à l’endroit le plus large de la cage thoracique : c’est la mesure qui décide de tout, et celle que la plupart des acheteurs oublient. Le tour de cou se prend à l’emplacement du collier, avec deux doigts de marge.

Ce que valent les matières en décembre

La laine tient chaud et se comporte bien même humide, mais elle gratte les peaux sensibles et rétrécit au lavage si on la passe à trente degrés sans réfléchir. L’acrylique, dont sont faits neuf pulls de Noël sur dix, sèche vite, se lave sans histoire et coûte trois fois moins cher ; il isole moins bien et charge en électricité statique. La polaire est le meilleur compromis pour un usage quotidien : légère, chaude, elle ne pique pas et supporte la machine.

Pour la pluie, aucun de ces trois matériaux ne convient seul. Un pull mouillé refroidit le chien au lieu de le réchauffer. Sous l’averse, il faut un imperméable déperlant, éventuellement doublé polaire, et le pull de Noël reste à la maison.

Regardez aussi la finition. Les pompons, grelots, boutons et rennes en feutre cousus sur le dos sont exactement ce qu’un chien cherche à attraper avec les dents dès qu’il est seul. Les modèles tricotés à grosses mailles s’accrochent aux ronces et se défont en une saison.

Le pull et le harnais, dans quel ordre

La plupart des propriétaires enfilent le pull, puis le harnais par dessus. Cela fonctionne, mais le tissu plisse sous les sangles et frotte à chaque foulée. Les modèles percés d’une ouverture ronde sur le dos, prévue pour laisser passer l’attache d’un harnais porté dessous, sont plus confortables et évitent d’avoir à tout déshabiller quand le chien doit être détaché.

Pour l’habillage, procédez toujours tête en premier, puis les antérieurs un par un, en fléchissant doucement le coude au lieu de tirer sur la patte tendue. Un chien à qui l’on a tordu l’épaule une fois refusera le pull pendant des mois.

Habituer un chien qui déteste être habillé

Un chien qui se fige, se couche sur le flanc ou marche en crabe la première fois n’est pas ridicule : il découvre une pression continue sur tout le corps, sensation qu’il n’a jamais connue. La solution tient en trois séances courtes.

Posez d’abord le pull sur son dos sans l’enfiler, deux secondes, une friandise, on retire. Le lendemain, passez la tête seule, une friandise, on retire. Le troisième jour, habillage complet suivi d’un départ immédiat en promenade, pour que le vêtement annonce quelque chose d’agréable plutôt qu’une contrainte. Le tout prend moins de cinq minutes par jour.

À qui ça sert, en un coup d’œil

Profil de chien Le pull est utile ?
Poil ras sans sous poil (Whippet, Pinscher, Boxer) Oui, dès que la température passe sous 8 à 10 °C
Petit gabarit de moins de 6 kg Oui, y compris pour les sorties courtes
Chiot de moins de trois mois Oui pour l’attente à l’arrêt, non pour le jeu
Chien âgé ou arthrosique Oui, il produit moins de chaleur en marchant
Race nordique à double fourrure Non, le vêtement écrase le sous poil
Chien tondu récemment Oui, le temps que le poil repousse
Chien en course libre ou au travail Non, risque de surchauffe et d’accrochage

Entretien et durée de vie du vêtement

Lavage à froid, cycle délicat, séchage à plat pour la laine. Le sèche linge fait rétrécir la maille et rend rêche l’acrylique. Vérifiez les coutures d’aisselle après chaque lavage : c’est là que le tissu lâche en premier, et un pull décousu à cet endroit devient un piège pour la patte.

Un pull dont l’encolure s’est détendue au point de descendre sur l’épaule ne tient plus chaud et gêne le mouvement. Un pull qui laisse une trace rose sur la peau au retour de promenade est trop petit. Dans les deux cas, on ne rattrape rien : on change de taille.

Ce qu’un pull ne remplace pas

Un vêtement compense un déficit d’isolation, il ne protège ni les coussinets du sel de déneigement, qui brûle et se lèche ensuite, ni les yeux du vent glacé. Pour les coussinets, un rinçage à l’eau tiède au retour et un baume protecteur avant la sortie font davantage que n’importe quel tricot.

Et un chien qui tremble à l’intérieur d’une maison chauffée à 20 °C n’a pas froid : il a peur, mal, ou de la fièvre. Le pull couvre le symptôme et retarde la consultation. Dans ce cas précis, on range le tricot et on prend rendez vous chez le vétérinaire.

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