Basset Fauve de Bretagne : le poil dur qui s’épile deux fois par an

Basset Fauve de Bretagne

Le Basset Fauve de Bretagne tient dans une cage de transport de taille moyenne et chasse le sanglier. Ce décalage résume la race mieux qu’un paragraphe de standard. Sous ses 35 cm au garrot, il y a un chien courant complet, bruyant sur la voie, difficile à rappeler et attaché à son idée. Les familles qui l’adoptent pour son air de nounours fauve découvrent en général cela vers le sixième mois.

C’est aussi l’un des rares chiens français dont le poil se travaille à la main. Pas de tondeuse, pas de toilettage à la ciseaux : on épile. Ce point-là décide souvent du plaisir ou de la corvée qu’on aura à vivre avec lui.

Le dernier fauve de Bretagne

La Bretagne avait deux chiens fauves à poil dur : le Grand Fauve de Bretagne, chien de meute employé sur le loup, et sa version basse. Le grand a disparu, victime de la fin des grandes chasses à courre et de la disparition du loup dans l’Ouest. Le basset, lui, a survécu parce qu’il servait aux chasseurs de village, ceux qui suivaient à pied un ou deux chiens sur le lapin et le renard.

La race a failli s’éteindre au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Une poignée d’éleveurs bretons l’a reconstruite à partir de très peu de sujets, ce qui explique une base génétique étroite dont les clubs de race parlent encore aujourd’hui. Le standard actuel est français, et la race figure au groupe 6 de la FCI parmi les petits chiens courants.

Morphologie : 32 à 38 cm et une charpente compacte

Le standard place la hauteur au garrot entre 32 et 38 cm, tolérance d’un centimètre pour les sujets d’élite. Le poids d’un adulte tourne autour d’une quinzaine de kilos, davantage chez un mâle bien bâti. Le corps est court, ramassé, sans l’allongement excessif d’un Basset Hound : les membres sont courts mais droits, et le chien trotte sans traîner la poitrine.

Les oreilles se placent au niveau de la ligne de l’œil, plutôt fines, terminées en pointe, garnies d’un poil plus doux que le reste du corps. La queue est portée en faucille, jamais enroulée sur le dos. L’expression vient des yeux foncés et du masque de poils qui garnit la face, cette barbiche hérissée qui donne l’air un peu bourru.

Le poil dur et l’épilage

La robe va du blé doré au rouge brique. Le poil est très dur au toucher, court, couché, sans frisure. Ce type de poil ne tombe pas seul comme un poil lisse : il meurt, ternit et reste planté. Si on ne fait rien, le chien se couvre d’une couche feutrée, décolorée, qui retient l’humidité et déclenche des irritations.

La solution est l’épilage, ou stripping : on retire les poils morts à la main ou au couteau non coupant, mèche par mèche, dans le sens du poil. Un chien épilé deux fois par an garde une robe dense et une couleur vive. Un chien tondu perd la texture dure au bout de deux ou trois passages, le sous-poil prend le dessus et la couleur pâlit. Le mal est long à réparer.

Un caractère de chasseur, sous une taille de chien de maison

Le Basset Fauve est gai, démonstratif, très porté sur le contact avec ses humains. Il dort volontiers contre quelqu’un et supporte mal les longues journées seul. Jusque-là, il ressemble au chien de famille idéal.

Dehors, la sélection reprend la main. Le nez descend, la queue se met à battre en métronome et le chien part sur une voie sans se retourner. Il donne de la voix, une voix courte et forte pour son gabarit, et il peut suivre une piste pendant des kilomètres. Les récits de Basset Fauve retrouvés à dix kilomètres de la maison ne sont pas des légendes de forum.

Avec les enfants, il est solide et joueur, à condition qu’on lui laisse un endroit où se retirer. Avec un chat de la maison, cela se règle. Avec les lapins, cochons d’Inde et poules du jardin, non : c’est exactement le gibier pour lequel il a été fait.

Basset Fauve de Bretagne au poil dur roux, museau barbu, assis dans l'herbe

Éducation : tout se joue sur le rappel

Ce chien apprend vite. Assis, couché, panier : quelques séances suffisent. Le rappel, c’est autre chose, parce qu’il entre en concurrence avec une motivation sélectionnée depuis des siècles. Le travailler quand le chien a déjà le nez sur une voie ne sert à rien, il ne vous entend pas.

La méthode qui marche consiste à installer le rappel très tôt, à distance courte, avec une récompense qui vaut plus qu’une croquette : fromage, saucisse, poulet. Puis à ne jamais rappeler pour rien. Un chien rappelé vingt fois par balade pour être remis en laisse apprend que revenir met fin au plaisir. Beaucoup de propriétaires arrivent à un compromis honnête : liberté dans les zones clôturées, longe de dix mètres ailleurs. Ce n’est pas un aveu d’échec, c’est du réalisme sur la race.

Santé et longévité

La race passe pour saine et elle l’est globalement. L’espérance de vie se situe autour de douze à quatorze ans, ce qui est bon. Les points à surveiller sont concentrés sur quelques zones.

Les oreilles d’abord : tombantes, velues, elles ferment le conduit et font le lit des otites, surtout chez un chien qui traverse des ronciers humides. Contrôle hebdomadaire, nettoyage à la lotion selon les besoins. Les yeux ensuite : le poil de la face irrite parfois la cornée, et des lignées ont connu des cas d’atrophie progressive de la rétine, dépistable par examen ophtalmologique et parfois par test génétique selon la forme. Enfin la dysplasie de la hanche, cotée de A à E sur radiographie officielle, reste à demander à l’éleveur même si la race n’est pas parmi les plus touchées. La base génétique étroite héritée de la reconstruction d’après-guerre justifie qu’on regarde le pedigree et le taux de consanguinité de la portée.

Où trouver un chiot et à quel prix

Les portées LOF existent en nombre correct, concentrées en Bretagne, en Normandie et dans le Centre. Beaucoup d’éleveurs sont des chasseurs qui produisent une ou deux portées par an. Ils vendent souvent moins cher qu’un élevage de compagnie et sélectionnent sur le travail, ce qui donne des chiens plus vifs et plus indépendants que la moyenne.

Demandez à voir la mère, les conditions de vie de la portée et le certificat vétérinaire de bonne santé, qui accompagne obligatoirement la vente en France avec l’identification et le document d’information. Méfiez-vous des annonces qui présentent le Basset Fauve comme un petit chien d’appartement tranquille : c’est le contresens qui remplit les refuges bretons de fauves de dix-huit mois rendus par des familles épuisées par les fugues.

Vérifiez enfin la clôture avant l’arrivée du chiot. Un Basset Fauve creuse, se glisse sous un grillage mal enterré et escalade mieux que son format ne le laisse croire. Trente centimètres de grillage enfouis règlent la question pour les dix prochaines années.

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