Field Spaniel : la race derrière le nom Spaniel de Terrain
Sous le nom de « Spaniel de Terrain » se cache une race bien précise : le Field Spaniel, un épagneul anglais que l’on croise très peu, même dans les concours d’exposition. Il n’est ni un Cocker un peu grand ni un Springer un peu foncé. C’est une race à part, avec son standard, son histoire de sauvetage et ses défauts.
Le Field Spaniel appartient au groupe 8 de la FCI, celui des rapporteurs de gibier, des leveurs de gibier et des chiens d’eau. Sa section est celle des leveurs et broussailleurs : un chien qui travaille devant le fusil, à courte distance, en fouillant le couvert. Tout le reste, son gabarit, son poil, son tempérament, découle de ce métier.
Un épagneul anglais que l’on croise rarement
Le Field Spaniel naît au XIXe siècle en Angleterre, dans le lot des épagneuls noirs séparés des Cockers par un simple critère de poids. Les éleveurs de l’époque poussent le type dans une direction discutable : ils cherchent un chien long, bas sur pattes, à tête lourde. Le résultat est un animal spectaculaire en exposition et médiocre au travail, incapable de suivre le rythme d’une journée de chasse.
La race sort de cette impasse au XXe siècle, quand une poignée d’éleveurs britanniques la reconstruisent en réintroduisant du Springer Anglais pour relever les pattes et alléger la charpente. Le Field Spaniel actuel descend d’un tout petit nombre de reproducteurs. C’est ce qui explique sa rareté et la prudence de ses éleveurs sur les mariages.
Cette rareté a une conséquence pratique : la liste d’attente. Un éleveur sérieux de Field Spaniel ne produit pas une portée par an, et il choisit ses acquéreurs. Compter plusieurs mois d’attente est la norme, pas l’exception.
Ce que dit le standard
Le Field Spaniel est un chien de taille moyenne, plus haut sur pattes que ne le laisse croire sa silhouette d’épagneul. Il tourne autour de 45 à 46 cm au garrot, la femelle restant un peu en dessous du mâle. Le poids se situe entre 18 et 25 kg selon les sujets, ce qui le place nettement au-dessus d’un Cocker Anglais et un cran en dessous d’un Springer bien charpenté.
La construction cherche l’équilibre. Le dos est droit, le rein court, la poitrine descend au coude sans être en tonneau. La tête donne l’impression générale de la race : ciselée, avec un occiput bien marqué, des yeux couleur noisette foncée à l’expression sérieuse, et des oreilles longues, attachées bas, garnies de franges.
Ce chien doit pouvoir travailler une matinée entière dans les ronces. Un Field Spaniel trop lourd, trop bas ou trop chargé de poil trahit le standard, même s’il gagne des rubans.
La robe et son entretien
La robe est unicolore : foie, noir, ou rouan foie, avec ou sans marques feu aux joues, aux sourcils et sous la queue. Le blanc étendu, les robes bicolores nettes du Springer ne sont pas dans le type. Le poil est long, plat ou légèrement ondulé, jamais bouclé, avec des franges sur les oreilles, le poitrail, l’arrière des membres et le dessous du corps.
Concrètement, comptez deux brossages par semaine au peigne à dents larges, davantage à la mue de printemps et d’automne. Les nœuds se forment toujours aux mêmes endroits : derrière les oreilles, au creux du coude, aux culottes. Les franges des pattes ramassent les épillets en été, ceux qui remontent entre les doigts et finissent en abcès. Une inspection des espaces interdigités après chaque sortie en herbe haute évite une visite chez le vétérinaire.
Le toilettage est modeste par rapport à un Cocker de beauté : on égalise les franges, on dégage le dessous des pieds, on ne tond pas. Un passage chez le toiletteur deux à trois fois par an suffit pour un chien de famille.
Un caractère plus posé que celui du Cocker
Les éleveurs décrivent le Field Spaniel comme le plus grave des épagneuls anglais. Il est affectueux, il suit son maître de pièce en pièce, mais il n’a pas la pétulance permanente du Cocker de compagnie. Il observe, il attend, il s’installe. Cette réserve va parfois jusqu’à la timidité vis-à-vis des inconnus, en particulier chez les sujets peu socialisés entre huit et seize semaines.
Avec les enfants, il est patient. Avec les autres chiens, il est sociable dès lors qu’il a rencontré ses congénères jeune. Avec un chat de la maison, la cohabitation se fait sans drame, à condition d’avoir posé le cadre au moment de l’arrivée du chiot.
Le revers de cette sensibilité : il encaisse mal la brusquerie. Une voix forte, une correction physique, un maître impatient et le chien se ferme. On récupère beaucoup plus difficilement un Field Spaniel éteint qu’un Springer secoué.
L’éducation d’un chien de broussaille
Le Field Spaniel apprend vite quand la méthode lui convient. Séances courtes, dix minutes, récompense alimentaire ou jeu, aucune répétition mécanique. Il déteste l’ennui autant que la contrainte.
Le vrai chantier est le rappel. Ce chien a un nez et une motivation de chien de chasse : un fumet de faisan dans une haie et l’ordre passe au second plan. Le rappel se travaille dès l’arrivée à la maison, en longe de dix mètres, dans des milieux de plus en plus riches en odeurs. Un Field Spaniel qui n’a jamais été rappelé qu’en jardin clos ne reviendra pas en lisière de bois.
Côté dépense, il lui faut deux sorties quotidiennes d’une heure au total, dont une avec liberté de fouiller. Le travail de pistage, les recherches d’objets cachés dans la maison, le cavage, l’obérythmée lui conviennent mieux que la course pure. Un Field Spaniel fatigué par le nez est un chien calme le soir.
Les maladies et les dépistages disponibles
Le Field Spaniel est concerné par la dysplasie coxo-fémorale, dépistée par radiographie et cotée de A à E selon la grille de la FCI. Un éleveur sérieux montre les lectures officielles des deux parents, pas une phrase rassurante au téléphone. La dysplasie du coude se lit sur le même principe.
Les yeux méritent un examen annuel par un vétérinaire ophtalmologiste agréé : l’atrophie rétinienne progressive et la cataracte héréditaire sont surveillées dans les épagneuls. L’hypothyroïdie est également décrite dans la race, avec un tableau lent à reconnaître : prise de poids sans changement de ration, poil terne, chien frileux et amorphe. Un dosage sanguin tranche.
Restent les otites, qui ne relèvent pas de la génétique mais de l’anatomie, et les épillets, qui relèvent de la saison. Ces deux motifs représentent la majorité des consultations vétérinaires d’un Field Spaniel en bonne santé.
Acheter un chiot de race rare
Peu de portées, peu d’élevages, un réseau international. Le futur acquéreur doit accepter d’attendre et de se déplacer. Visitez la maison où sont nés les chiots, voyez la mère, observez son comportement à votre arrivée : chez une race sensible, le tempérament maternel compte autant que les papiers.
Le prix suit celui des épagneuls de race à petit effectif inscrits au livre des origines, auquel s’ajoutent parfois des frais de transport si la portée vient du Royaume-Uni. Ce qu’il doit inclure : l’identification par puce, la primo-vaccination, le certificat vétérinaire de bonne santé, le document justifiant l’inscription provisoire au livre généalogique, et les résultats de dépistage des parents.
Le refuge reste une piste crédible pour un adulte, mais elle est mince : le Field Spaniel abandonné passe le plus souvent pour un croisé de Cocker et repart sous cette étiquette.
Repères de la race
| Nom | Field Spaniel, parfois traduit « Spaniel de Terrain » |
| Origine | Angleterre, XIXe siècle |
| Groupe FCI | Groupe 8, leveurs de gibier et broussailleurs |
| Taille au garrot | Environ 45 à 46 cm |
| Poids | 18 à 25 kg |
| Robe | Unicolore foie, noire ou rouan foie, marques feu admises |
| Poil | Long, plat ou ondulé, frangé, jamais bouclé |
| Caractère | Sérieux, sensible, sociable, réservé avec les inconnus |
| Activité | Environ deux heures par jour, flair compris |
| Points de santé | Dysplasies, otites, affections oculaires, hypothyroïdie |
| Espérance de vie | 12 à 14 ans |
Dernier point de repère pour qui hésite entre les épagneuls anglais : à taille comparable, le Field Spaniel travaille plus lentement et plus méthodiquement que le Springer, et il supporte moins bien la solitude qu’un Cocker de travail. C’est un chien pour une maison occupée, pas pour un appartement vide huit heures par jour.
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