Friandises maison pour chien : recettes simples et doses à tenir

Friandises maison pour chien

La friandise maison a mauvaise presse chez certains vétérinaires nutritionnistes, et pour une raison simple : la plupart des recettes qui circulent sont bien trop caloriques. Un biscuit de la taille d’une pièce de deux euros à base de farine et de beurre de cacahuète pèse facilement quarante kilocalories. Distribué six fois par jour à un chien de dix kilos, il déséquilibre la ration à lui tout seul. Faire ses friandises soi-même a du sens, à condition de raisonner en quantités.

La règle des dix pour cent, celle qui compte

Toutes les récompenses données dans la journée, maison ou non, doivent rester sous dix pour cent de l’apport énergétique quotidien. Au-delà, on dilue les apports en calcium, en phosphore et en acides aminés de l’aliment complet, et on prend du poids. Un chien de dix kilos à l’entretien tourne autour de 550 à 600 kilocalories par jour selon son activité : la marge de récompense se situe donc vers cinquante à soixante kilocalories, soit trois ou quatre petits biscuits, pas davantage.

La solution que pratiquent les éducateurs n’est pas de réduire le nombre de récompenses, elle est de réduire leur taille. En séance de dressage, on a besoin de beaucoup de répétitions. Un morceau de la taille d’un grain de maïs suffit largement : le chien n’évalue pas la quantité, il évalue la vitesse d’arrivée. Découper vos biscuits maison en cubes minuscules multiplie par dix le nombre de récompenses disponibles sans changer le total calorique.

Ce qui n’entre jamais dans une pâte pour chien

La liste des aliments toxiques est courte et il faut la connaître avant d’ouvrir un placard. Le chocolat, à cause de la théobromine, avec une toxicité qui monte à mesure que le cacao est concentré. Le raisin et le raisin sec, dont le mécanisme rénal reste mal compris mais dont les intoxications sont bien documentées. L’oignon, l’ail, l’échalote et le poireau, qui détruisent les globules rouges, y compris cuits ou en poudre. Les noix de macadamia. L’alcool et la pâte à pain crue qui fermente dans l’estomac.

Le piège le plus sournois reste le xylitol, un édulcorant qu’on trouve dans certains beurres de cacahuète allégés, des sirops et des produits sans sucre. Chez le chien, il déclenche une chute brutale de la glycémie et peut abîmer le foie, à des doses très faibles. Si vous utilisez du beurre de cacahuète, retournez le pot et lisez la liste complète avant d’en mettre une cuillère dans la pâte.

La recette de base, celle qu’on décline ensuite

Le principe tient en trois éléments : une farine, une source de protéine, un liant. Deux cents grammes de farine de riz ou de sarrasin, cent cinquante grammes de blanc de poulet cuit et mixé, un œuf. On pétrit, on étale sur un demi-centimètre, on découpe en petits carrés au couteau plutôt qu’à l’emporte-pièce, et on cuit vingt minutes à 180 °C.

Le geste qui change tout vient après la cuisson : on éteint le four, on laisse la porte entrouverte et on abandonne la plaque une heure de plus à l’intérieur. Les biscuits finissent de sécher et deviennent cassants. Un biscuit encore moelleux moisit en quatre jours, un biscuit sec se garde une semaine à température ambiante sans problème.

Les déclinaisons se font sur la protéine plutôt que sur la farine : sardine égouttée pour un chien qui manque d’appétit, foie de volaille pour les récompenses de haute valeur en séance de rappel, courge ou carotte cuite pour alléger. Le beurre de cacahuète sans additif fonctionne aussi, mais il apporte beaucoup de gras : une cuillère à soupe pour toute la fournée, pas trois.

Biscuits pour chien découpés en petits carrés sur une plaque de cuisson

Le déshydrateur bat le four sur les produits carnés

Pour du foie de bœuf, du cœur de poulet ou de la patate douce en lamelles, le séchage à basse température donne un résultat sans commune mesure avec la cuisson. On tranche à trois millimètres, on étale sans que les morceaux se touchent et on laisse six à huit heures autour de 60 à 70 °C. Le foie séché ainsi devient une récompense que presque aucun chien ne refuse, y compris dans un environnement chargé en distractions.

Un four ménager peut faire le travail si sa température descend assez bas, porte entrouverte avec une cuillère en bois coincée dans l’ouverture. Ça consomme, c’est long, mais ça évite d’acheter un appareil pour une utilisation mensuelle. Attention avec le foie : c’est un aliment très concentré en vitamine A, il se distribue en tout petits morceaux et pas tous les jours.

Conservation : le vrai point faible du fait maison

Une friandise maison n’a aucun conservateur, ce qui est l’argument de vente et le problème en même temps. Bien sèche, dans une boîte hermétique à température ambiante, comptez une semaine. Dans le réfrigérateur, une dizaine de jours, mais l’humidité ramollit et favorise les moisissures si la boîte n’est pas parfaitement fermée. La congélation reste la meilleure option : on répartit la fournée en sachets d’une portion hebdomadaire et on sort un sachet à la fois.

Les préparations carnées humides, foie mi-cuit ou pâté maison, ne se gardent pas trois jours au frais. En balade, dans une poche par vingt-cinq degrés, elles tournent en une matinée. Pour le dressage en extérieur l’été, mieux vaut du séché.

Les chiens pour qui ça change quelque chose

Le fait maison prend tout son intérêt sur trois profils. Le chien en régime d’éviction alimentaire, chez qui le vétérinaire cherche l’allergène : la moindre friandise industrielle à composition floue ruine le protocole, alors qu’un cube de la protéine autorisée ne pose aucun problème. Le chien en surpoids, à qui on distribue du légume et du blanc de dinde plutôt que des biscuits gras. Le chien âgé qui mâche mal et à qui il faut des textures tendres.

Pour un chien en bonne santé qui mange un aliment complet de qualité, la différence de santé entre une bonne friandise du commerce et une friandise maison reste faible. Ce qui compte vraiment, dans les deux cas, c’est la quantité distribuée. Un propriétaire qui passe au maison et double le nombre de récompenses parce qu’elles sont saines aura fait empirer les choses. Pesez votre chien une fois par mois, toujours le même jour : c’est la seule mesure qui dira si votre production tient dans la ration.

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