Berger Hollandais : poil court, long ou dur, quelle variété choisir

Berger Hollandais

Une seule race, trois pelages complètement différents. C’est la première chose à comprendre avant de s’intéresser au Berger Hollandais : le chien à poil court qu’on croise en brigade cynophile et le chien hirsute à poil dur qu’un éleveur amateur promène le dimanche portent le même nom et relèvent du même standard.

Trois variétés de poil sous un seul standard

Le standard FCI n° 223 reconnaît le poil court, le poil long et le poil dur. Ce ne sont pas des sous-races : les trois se présentent au même standard, dans le même groupe 1, section 1 (chiens de berger).

Le poil court domine largement les effectifs. Serré, dense, avec un sous-poil laineux, il donne cette silhouette sèche et athlétique qu’on associe aux chiens de service. Le poil long est droit, plaqué, avec des franges aux membres et à la queue. Le poil dur, lui, est le plus rare et le plus déroutant : rêche, ébouriffé, avec moustache, barbe et sourcils fournis qui changent complètement l’expression du chien.

Ces trois variétés n’ont pas la même popularité ni le même vivier de reproducteurs. En France, trouver un chiot à poil dur demande de la patience et souvent un déplacement aux Pays-Bas ou en Belgique.

Le bringé, marque de fabrique de la race

Le Berger Hollandais n’accepte qu’une seule couleur de robe : le bringé, or ou argenté. Des rayures sombres se détachent sur un fond fauve doré ou gris argent, sur tout le corps, y compris la collerette et les culottes. Un masque noir est souhaité.

Cette restriction n’a rien d’anecdotique. Au début du XXe siècle, la race admettait plusieurs couleurs. Les éleveurs néerlandais ont fini par réserver le bringé au Hollandais, ce qui a permis de le distinguer nettement du Berger Belge, avec lequel il partage une grande partie de ses ancêtres. Un Hollandais fauve uni ou noir n’est pas conforme.

Chez le poil dur, le bringé est souvent noyé dans la texture du poil : le chien paraît gris poivre et sel, ou fauve terne. Il faut écarter le poil pour retrouver les rayures.

Un chien de ferme avant d’être un chien de police

Avant la mécanisation, le Hollandais faisait tout dans les fermes des polders : il conduisait les moutons, empêchait le bétail d’aller sur les cultures, tirait la charrette du laitier, surveillait la cour. Cette polyvalence explique son tempérament actuel, plus posé que celui du Malinois mais tout aussi demandeur.

Quand les troupeaux ont disparu des Pays-Bas, la race a bien failli disparaître avec eux. Elle a été sauvée par son passage aux services de police et de l’armée, surtout dans sa variété à poil court. Aujourd’hui, une partie de l’élevage travaille sur des lignées de sport et de service, l’autre sur des lignées plus familiales. Les deux ne produisent pas du tout le même chien, et un acheteur qui ne pose pas la question se retrouve parfois avec un chiot d’une intensité qu’il n’avait pas anticipée.

Berger Hollandais à poil court, robe bringée fauve et masque noir, debout dans l’herbe
La variété à poil court, la plus répandue de la race.

Gabarit et allure

Le mâle mesure entre 57 et 62 centimètres au garrot, la femelle entre 55 et 60. Le poids tourne autour de 25 à 30 kilos, avec des femelles souvent plus légères. On est sur un chien de taille moyenne, jamais lourd : le standard demande une construction sèche, sans excès de masse ni de poitrine.

La tête est cunéiforme, sans stop marqué, les oreilles droites et de taille moyenne. Le trot est allongé et rasant, hérité du travail de conduite sur de longues distances.

Un tempérament de chien de travail

Le Hollandais est vif, attentif à ce que fait son maître, et il apprend vite. Il a aussi un seuil de stimulation bas : un bruit, un mouvement, un vélo qui passe, et il est debout. Cette réactivité fait de lui un excellent chien de sport et un très mauvais chien d’appartement pour quelqu’un qui travaille huit heures dehors.

Il est en général plus stable et moins « bouillant » que le Malinois, avec une capacité à couper qui reste correcte quand on la travaille. Mais un Hollandais de lignée sport, laissé sans activité, devient un chien qui aboie, tourne, mordille les enfants au mollet par réflexe de conduite et détruit le mobilier. Ce n’est pas un défaut du chien, c’est un défaut d’emploi.

Avec les enfants de la maison, il est en général sûr, à condition d’avoir été socialisé jeune et qu’on ait canalisé son réflexe de poursuite. Avec les inconnus, il reste réservé sans être craintif.

Éduquer sans surenchérir

Ce chien répond très bien au renforcement positif et supporte mal la brutalité, qui le rend soit fuyant, soit défensif. Comptez deux séances courtes par jour de dix minutes plutôt qu’une heure hebdomadaire au club.

Le vrai enjeu n’est pas l’obéissance, qu’il acquiert facilement, mais le calme. Un Hollandais apprend à s’exciter beaucoup plus vite qu’il n’apprend à redescendre. Travailler le retour au calme, le tapis, l’attente, vaut mieux que d’ajouter une troisième séance de lancer de balle par jour, qui ne fait qu’élever son niveau d’excitation de base.

Santé : ce qui change d’une variété à l’autre

La race est globalement saine, mais chaque variété a ses points de surveillance. La dysplasie coxo-fémorale concerne tous les bergers de ce format : demandez le résultat de radiographie des parents, coté de A à E, et évitez d’accoupler deux chiens mal cotés. La dysplasie du coude se dépiste par le même type de bilan.

Chez le poil long, la goniodysplasie est surveillée par les clubs de race néerlandais : un examen ophtalmologique existe et écarte les sujets atteints de la reproduction. Chez le poil dur, une myopathie inflammatoire touchant les muscles masticateurs et l’œsophage a été décrite dans certaines lignées ; elle se déclare généralement sur de jeunes chiens. L’atrophie progressive de la rétine est également suivie dans la race.

Un éleveur qui vous répond que « ses chiens n’ont jamais rien eu » sans produire un seul document de dépistage n’est pas un éleveur sérieux, quelle que soit la sympathie du contact.

Entretien et budget

Le poil court se contente d’un gant de caoutchouc une fois par semaine, davantage pendant les deux mues annuelles, qui sont abondantes. Le poil long demande un brossage hebdomadaire attentif derrière les oreilles et aux culottes. Le poil dur se travaille à la main, avec un épilage une à deux fois par an, chez un toiletteur qui connaît la technique ou avec un peu d’apprentissage personnel.

Côté achat, un chiot inscrit au livre des origines se négocie le plus souvent entre 800 et 1500 euros selon la variété et la lignée. Le poil dur, plus rare, se situe dans le haut de cette fourchette et impose souvent une attente de plusieurs mois. À cela s’ajoutent l’alimentation d’un chien de 28 kilos, les rappels annuels, l’antiparasitaire et, pour beaucoup de propriétaires, une licence de club canin.

Un chiffre pour finir, qui vaut mieux que n’importe quelle description de caractère : la plupart des Hollandais rendus en refuge le sont entre huit et dix-huit mois, au moment où le chiot devient un adolescent musclé qui teste tout. Cette race se choisit pour ce qu’elle deviendra à deux ans, pas pour la photo du chiot.

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