Chiens sportifs : quelles races suivent vraiment un coureur
Un chien sportif n’est pas un chien qui court vite. C’est un chien qui peut recommencer demain. La confusion coûte cher à beaucoup de coureurs du dimanche qui rentrent d’animalerie avec un lévrier parce qu’ils ont lu qu’il était le plus rapide, et qui découvrent un animal fait pour trois cents mètres à pleine vitesse puis dix-huit heures de sommeil.
Choisir un partenaire d’entraînement demande donc de savoir quel sport vous pratiquez vraiment, à quelle fréquence, sous quel climat, et sur quel terrain. Voici comment se répartissent les grandes familles de races selon ce qu’elles savent faire.
Les chiens d’endurance : le nord et les meutes
Le Husky Sibérien, le Malamute d’Alaska, le Samoyède et le Groenlandais ont été sélectionnés pendant des siècles sur un seul critère : tirer une charge, longtemps, dans le froid. Leur métabolisme est taillé pour l’effort prolongé de basse intensité, et un attelage bien entraîné avale des distances qui n’ont aucun équivalent chez les autres races.
La contrepartie tient en deux points. Le double poil arctique les rend inaptes à l’effort par temps chaud : au-delà de quinze ou dix-huit degrés, un Husky en cani-cross se met en danger. Et leur instinct de course s’accompagne d’un rappel notoirement peu fiable, ce qui interdit le lâcher en zone non clôturée pour la majorité des individus.
Les lévriers : la puissance en pointe, la sieste ensuite
Greyhound, Whippet, Saluki, Barzoï, Galgo espagnol : ces chiens ont été conçus pour la chasse à vue, un exercice fait d’accélérations brèves. Chez soi, un lévrier est un chien très calme, discret, souvent qualifié de canapé sur pattes par ceux qui en vivent avec.
Le Whippet fait exception à la règle de l’endurance nulle : sa taille intermédiaire et sa légèreté en font un compagnon de footing correct sur des distances moyennes, à condition de le couvrir en hiver car il n’a presque pas de graisse sous-cutanée. Le Saluki, lui, garde une capacité de course prolongée héritée du désert.
Le point de vigilance commun à tous les lévriers reste le rappel. Un lévrier qui part sur un lièvre ne vous entend plus, et il est hors de vue en quelques secondes. Le travail en longe et les terrains clos sont la règle, pas une précaution excessive.
Les chiens de berger : les polyvalents du sport canin
Le Border Collie, le Berger Belge Malinois, le Berger Australien, le Beauceron et le Berger Allemand dominent les podiums d’agility, d’obéissance, de ring et de flyball. Leur atout n’est pas la vitesse pure mais la combinaison entre endurance moyenne, agilité, vitesse d’exécution et surtout envie de travailler avec un humain.
Un mot d’avertissement s’impose sur le Malinois et le Border Collie. Ce sont des chiens de professionnels et de pratiquants réguliers. Un Malinois sous-employé développe des comportements que peu de foyers savent gérer, et un Border privé de travail devient obsessionnel : il fixe les ombres, poursuit les voitures, tourne en rond. Deux heures de sport ne suffisent pas s’il ne se passe rien dans sa tête le reste de la journée.
Les chiens d’arrêt et les courants : les vrais compagnons de course à pied
Si votre projet est de courir dix ou quinze kilomètres plusieurs fois par semaine, c’est ici qu’il faut chercher. Le Braque allemand à poil court, le Braque de Weimar, le Pointer, le Setter anglais et l’Épagneul breton travaillent une journée entière sur le terrain, à un rythme soutenu, sans se plaindre.
Les chiens courants comme le Beagle, le Foxhound ou les briquets français ont le même moteur, avec deux réserves : leur nez commande souvent au rappel, et leur voix porte loin, ce qui pose problème en habitat mitoyen. Le Beagle est un excellent partenaire de randonnée en longe et un cauchemar en liberté sur une piste de chevreuil.
Les petits formats qui tiennent la distance
La taille ne dit pas grand-chose du niveau d’activité. Le Jack Russell et le Parson Russell Terrier sont des chiens de terrier, bâtis pour creuser et affronter, avec une énergie qui épuise leurs propriétaires. Le Fox-terrier, le Schnauzer nain et le Caniche moyen suivent aussi très bien en agility et en cani-marche.
Le Caniche mérite d’être défendu ici, car sa réputation de chien de salon est un contresens historique : c’est un chien d’eau, rapporteur de gibier, et les lignées correctes montrent une aptitude sportive que peu de gens soupçonnent.
Les races à écarter d’un projet sportif
Toutes les races à face aplatie sont hors jeu pour la course : Bouledogue Français, Carlin, Bulldog Anglais, Boxer dans une moindre mesure. Leur appareil respiratoire ne suit pas et le risque de coup de chaleur est réel dès que l’effort dépasse la marche tranquille.
Les races géantes, Saint-Bernard, Dogue Allemand, Terre-Neuve, supportent mal la course sur dur en raison de la charge sur leurs articulations et de leur prédisposition au retournement d’estomac. Elles marchent longtemps, elles ne courent pas. Les chondrodystrophes à dos long, Teckel et Basset en tête, doivent éviter les sauts et les descentes d’escaliers répétées.
Comment commencer, concrètement
Une visite vétérinaire avant de démarrer un programme régulier vaut mieux qu’un souci découvert au troisième mois : auscultation cardiaque, palpation articulaire, et radiographie des hanches chez les races prédisposées à la dysplasie coxo-fémorale.
La progression se fait par paliers de dix pour cent environ par semaine, comme pour un humain. On commence par de la marche rapide, on introduit du trot, on allonge ensuite. Le harnais de traction est obligatoire en cani-cross, jamais le collier. On ne fait jamais courir un chien dans les deux heures qui suivent un repas, à cause du risque de torsion d’estomac chez les grandes races à poitrine profonde.
Surveillez les coussinets après chaque sortie sur gravier ou bitume chaud, et testez la température du sol avec le dos de la main pendant cinq secondes : si vous ne tenez pas, votre chien non plus. L’eau se propose par petites quantités fractionnées pendant l’effort, pas en une fois à l’arrivée.
Dernier repère utile : un chien correctement entraîné retrouve une fréquence respiratoire normale en dix à quinze minutes après l’arrêt de l’effort. Au-delà, la séance était trop dure et il faut réduire la prochaine.
Résumer cet article avec :
Partager :