Équipement du chien : la liste utile avant son arrivée

Équipement du chien

La liste qu’on vous tend en animalerie la veille de l’arrivée du chien contient toujours trop d’articles, et il en manque deux ou trois qui comptent vraiment. Un chien a besoin de peu de matériel, mais chaque pièce doit être choisie sur des critères précis, parce que le mauvais harnais gêne une épaule pendant des années et que la mauvaise laisse fabrique un chien qui tire.

Voici ce qui sert, ce qui se remplace, et ce qu’on peut laisser en rayon sans état d’âme.

L’identification passe avant tout le reste

En France, l’identification par puce électronique est obligatoire pour tout chien, et elle doit être faite avant toute cession. Les coordonnées sont enregistrées au fichier national I-CAD, et c’est ce fichier qu’interroge une fourrière ou un vétérinaire qui récupère un chien errant. Une puce dont l’adresse n’a pas été mise à jour après un déménagement ne sert à rien.

La puce ne se lit pas à l’œil nu, d’où l’utilité d’une médaille gravée avec un numéro de téléphone mobile. La personne qui trouve votre chien dans la rue à vingt-deux heures ne dispose pas d’un lecteur. La médaille se fixe sur le collier, et sur le collier seulement : sur un harnais qu’on retire à la maison, elle ne remplit plus son rôle.

Collier, harnais, laisse : ce qui se joue vraiment

Le collier plat sert à porter la médaille et à saisir le chien rapidement. Il se règle à deux doigts de jeu, pas plus, pas moins. Pour la marche, le harnais reste préférable dès que le chien tire un peu, parce que la traction sur la trachée et sur les vertèbres cervicales n’a rien d’anodin, surtout chez les petits gabarits et les races prédisposées au collapsus trachéal.

Tous les harnais ne se valent pas. Un modèle en Y, dont la sangle avant descend au milieu du poitrail et laisse la pointe de l’épaule libre, respecte l’amplitude de l’antérieur. Un modèle norvégien, avec sa large bande horizontale en travers de la poitrine, bloque le mouvement de l’épaule et donne exactement l’appui dont un chien a besoin pour tracter. Ce détail se voit à la démarche au bout de quelques centaines de mètres.

Pour la laisse, une sangle plate de deux mètres, réglable, tenue à deux mains, suffit à presque tout. L’enrouleur pose trois problèmes : il maintient une tension permanente qui apprend au chien à tirer, il ne permet aucun contrôle en urgence, et la corde fine brûle la main ou la jambe lors d’un départ brusque. À la campagne, une longe de cinq à dix mètres, en biothane ou en sangle, rend infiniment plus service.

Les gamelles et le coin repas

Deux récipients distincts, l’un pour l’eau renouvelée chaque jour, l’autre pour la nourriture. L’inox et la céramique passent au lave-vaisselle et ne se rayent pas comme le plastique, dont les micro-rayures retiennent le biofilm bactérien et provoquent parfois des dermatites du menton chez les chiens sensibles.

Le débat sur la gamelle surélevée est loin d’être tranché. Elle est confortable pour un grand chien arthrosique, mais certains travaux l’ont associée à un risque accru de dilatation-torsion de l’estomac chez les races à thorax profond. En cas de doute sur un Dogue, un Setter ou un Berger Allemand, l’avis du vétérinaire traitant prime sur la brochure du fabricant.

Pour un chien qui avale sa ration en trente secondes, une gamelle anti-glouton à reliefs ou, mieux, une distribution dans un tapis de fouille change le repas en activité de plusieurs minutes. Le bénéfice n’est pas seulement digestif : un chien qui cherche sa nourriture dépense mentalement.

Le couchage, et l’endroit où on le pose

Le lit doit permettre au chien de s’allonger complètement sur le flanc, pattes tendues, sans déborder. C’est la mesure à prendre, pas la taille annoncée sur l’étiquette. Une mousse à mémoire de forme se justifie chez un chien âgé ou dysplasique ; chez un jeune chien en pleine santé, un simple matelas ferme et lavable fait l’affaire.

L’emplacement compte davantage que le modèle. Un chien choisit un endroit d’où il voit venir, à l’écart du passage, hors courant d’air, et pas dans un couloir. Beaucoup de chiens qui « n’utilisent pas leur panier » ont simplement un panier mal placé. Prévoyez-en deux, un dans la pièce de vie et un au calme, et laissez le chien indiquer sa préférence.

Panier moelleux, gamelles en inox, harnais et laisse posés sur le sol d’un salon

La voiture, le point le plus souvent négligé

Un chien libre dans l’habitacle gêne la conduite et devient un projectile en cas de choc. Trois solutions tiennent la route : la caisse de transport rigide arrimée dans le coffre, la ceinture attachée à un harnais renforcé, et la grille de séparation. Toutes ne se valent pas en cas d’accident, et certains fabricants publient les résultats de leurs essais de choc : c’est le seul argument qui mérite d’être lu.

La caisse rend aussi service ailleurs qu’en voiture. Habituée progressivement, jamais utilisée comme punition, porte ouverte au début, elle devient un refuge et simplifie une hospitalisation, un voyage ou une convalescence où le chien doit rester au repos. Un chien qui découvre la cage le jour de son opération vit très mal les deux choses en même temps.

L’entretien du poil, à adapter au type de robe

La brosse dépend de la robe, et acheter la mauvaise revient à ne rien acheter. Un poil court et lisse se travaille au gant de caoutchouc une fois par semaine. Un poil double, celui d’un Husky ou d’un Berger Australien, demande un râteau à sous-poil et de vraies séances pendant les mues de printemps et d’automne.

Un poil long et fin, chez un Épagneul ou un Bichon, exige un peigne métallique passé jusqu’à la peau : la brosse de surface laisse se former des nœuds serrés contre le corps, invisibles tant qu’on ne les cherche pas. Un poil dur, chez les terriers ou le Fox, se travaille à l’épilation manuelle, un geste qui s’apprend et que la tondeuse ne remplace pas sans abîmer la texture.

Complétez par un coupe-griffes adapté, ciseaux ou guillotine, et une lime pour finir. Des griffes qu’on entend claquer sur le carrelage sont trop longues et modifient l’appui du pied. Le sang circule dans la partie rose visible sur une griffe claire ; sur une griffe noire, on avance par petites coupes successives.

Ce dont vous pouvez vous passer

Les vêtements de mode, les parfums pour chien, les distributeurs automatiques de friandises connectés et les fontaines à eau sophistiquées relèvent du confort du propriétaire. Un manteau se justifie pour un lévrier à poil ras, un chien tondu ou un chien âgé sous la pluie froide, pas pour un Berger en janvier.

Les lingettes parfumées et les shampooings hebdomadaires abîment le film lipidique de la peau. Un chien sain se lave rarement, quelques fois par an, avec un produit à pH adapté à sa peau, qui n’est pas celui d’un shampooing humain.

Un dernier achat, souvent oublié : une brosse à dents à doigtier et un dentifrice vétérinaire enzymatique. La maladie parodontale touche une majorité de chiens passé quelques années, elle coûte cher en détartrages sous anesthésie, et elle se prévient avec un accessoire à moins de dix euros.

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