Races de chiens : exercice, poil et santé, les besoins réels

Races de chiens

Deux chiens de quinze kilos peuvent avoir des besoins opposés. Un Cocker Anglais et un Bull Terrier pèsent à peu près pareil sur la balance, et pourtant l’un passe sa journée le nez au sol à chercher du gibier, l’autre demande du jeu, du contact et un cadre ferme. La taille ne dit presque rien. La fonction d’origine, elle, dit presque tout.

C’est la clé de lecture la plus utile quand on compare des races : à quoi ce chien a-t-il été sélectionné pendant des siècles, et que reste-t-il de ce programme dans un appartement du XXIe siècle.

Ce que le groupe de la race raconte déjà

La Fédération cynologique internationale classe les races en dix groupes, et ce classement n’est pas décoratif. Le groupe 1 rassemble les chiens de berger et de bouvier, sélectionnés pour travailler toute la journée en lien étroit avec un humain. Le groupe 3 réunit les terriers, conçus pour aller seuls au fond d’un terrier affronter un animal qui se défend. Le groupe 6 regroupe les chiens courants, faits pour suivre une piste pendant des heures en donnant de la voix. Le groupe 10 est celui des lévriers, spécialistes de la course à vue sur des distances courtes.

Un Border Collie du groupe 1 cherchera un travail, et si vous ne lui en donnez pas il en trouvera un : rassembler les enfants, poursuivre les voitures, fixer la porte du lave-linge. Un Jack Russell du groupe 3 creusera et poursuivra tout ce qui bouge, et son rappel sera toujours moins fiable que celui d’un Golden. Un Beagle du groupe 6 deviendra pratiquement sourd dès qu’une piste intéressante croisera sa route, ce qui n’est ni de la désobéissance ni un défaut d’éducation : c’est son métier.

Le besoin d’exercice, en heures et en nature

La durée compte, mais le type d’effort compte autant. Un Border Collie, un Malinois ou un Braque allemand ont besoin de deux heures ou plus d’activité quotidienne, avec une part de travail mental : recherche d’objet, pistage, obéissance, agility. Une heure de balade molle ne fatigue pas ces chiens, elle les entraîne physiquement sans jamais les rassasier.

Un Labrador ou un Golden Retriever se contentent d’une bonne heure, idéalement avec du rapport d’objet ou de la nage. Un Bouvier bernois, plus lourd, préfère de la marche longue et calme à des sprints répétés. Un Bulldog Anglais, un Carlin ou un Bouledogue Français doivent sortir tous les jours mais par temps frais et sans effort intense : leur museau raccourci limite le refroidissement par halètement, et un coup de chaleur peut les tuer en été sur une simple promenade de midi.

Les petites races ne sont pas dispensées. Un Chihuahua a une petite foulée mais un cerveau de chien entier : il a besoin de sortir, de sentir, de rencontrer. Le porter en permanence produit des chiens mal socialisés qui aboient sur tout ce qui approche, ce qu’on met ensuite sur le compte du caractère de la race.

Le poil décide de votre semaine

Quatre grandes familles de pelage, quatre routines différentes. Le poil court simple, celui du Boxer ou du Dobermann, demande un gant de caoutchouc de temps en temps et rien de plus. Le poil court à sous-poil dense du Labrador ou du Berger Allemand vit tranquillement onze mois par an puis lâche des quantités de bourre au printemps et à l’automne : un brossage quotidien pendant la mue divise par deux ce qu’on retrouve au sol.

Le poil dur du Schnauzer, du Fox Terrier ou du Griffon ne tombe pas seul. Il se retire à la main ou au couteau plusieurs fois par an, sinon le poil mort étouffe la repousse et la texture s’abîme. La tonte, plus rapide, ramollit durablement le poil dur : les éleveurs de ces races le déconseillent, et ils ont raison sur le résultat.

Le poil long, celui du Shih Tzu, du Bichon ou du Colley, se transforme en feutre si on l’oublie deux semaines. Le nœud se forme d’abord contre la peau, là où on ne le voit pas, et la seule issue devient alors la tonte à ras. Soit vous brossez sérieusement plusieurs fois par semaine et vous financez un toilettage régulier, soit vous choisissez une coupe courte assumée toute l’année.

Les tempéraments qui se travaillent et ceux avec lesquels on compose

Certaines races apprennent vite parce qu’elles ont été sélectionnées pour coopérer avec l’humain à distance : les retrievers, les bergers, les caniches. D’autres ont été sélectionnées pour décider seules : les chiens de garde de troupeau, les nordiques, les terriers, les chiens courants. Un Akita Inu ou un Husky bien éduqué reste un chien qui évalue si votre demande l’intéresse. Ce n’est pas de l’entêtement gratuit, c’est un mode de fonctionnement.

Le Basset Hound qu’on décrit comme têtu obéit très bien, à son nez. Le Golden Retriever qu’on décrit comme facile devient ingérable si personne ne l’occupe. La vraie question n’est donc pas la facilité mais l’accord entre le profil du chien et ce que vous êtes prêt à faire trois fois par jour, tous les jours, pendant douze ans.

L’aboiement mérite d’être anticipé. Les chiens de garde alertent, c’est leur fonction. Les chiens courants ont une voix qui porte à des centaines de mètres et qu’un appartement mitoyen ne pardonne pas. Les petites races d’agrément aboient souvent par manque d’habituation, ce qui se corrige mieux à trois mois qu’à trois ans.

Plusieurs chiens de races et de tailles différentes réunis dans une prairie
Même gabarit, besoins opposés : la fonction d’origine compte plus que le poids.

La santé oriente aussi le choix

Chaque race traîne ses fragilités, et les connaître à l’avance change la façon de choisir un élevage. La dysplasie de la hanche touche particulièrement les grandes races et se dépiste par radiographie officielle, avec une cotation qui va de A pour une hanche saine à E pour une hanche gravement atteinte. La dysplasie du coude se dépiste de la même manière chez les retrievers, les bergers et les bouviers.

Chez les bergers de type colley, le test génétique MDR1 identifie les chiens sensibles à certains médicaments courants, dont des vermifuges : un résultat connu peut éviter un accident grave chez le vétérinaire. Le Berger Allemand dispose d’un test pour la myélopathie dégénérative. Plusieurs races de chasse et de compagnie sont concernées par l’atrophie progressive de la rétine, également testable. Les races à oreilles longues et tombantes, Cocker en tête, font des otites à répétition qui deviennent une routine de soin.

Repères par race

RaceCe que la race demande vraiment
Berger AllemandDeux heures d’activité avec du travail mental, dépistage hanches et coudes chez les parents, brossage soutenu pendant les mues.
Border CollieLe plus exigeant du lot : exercice long et tâches à résoudre, sinon comportements de report en quelques semaines.
Labrador RetrieverUne heure minimum, nage ou rapport d’objet, ration pesée : la race grossit vite et l’excès de poids abîme les articulations.
Golden RetrieverActivité régulière, contact humain fréquent, brossage hebdomadaire des franges et derrière les oreilles.
TeckelPromenades fractionnées, pas de saut depuis les meubles, poids strictement contrôlé pour épargner le dos.
BeagleSorties longues en terrain varié, liberté seulement en zone clôturée, voix forte à anticiper en logement mitoyen.
Bulldog AnglaisEffort modéré, jamais aux heures chaudes, nettoyage des plis du visage, suivi respiratoire.
BoxerBeaucoup de dépense physique, socialisation précoce, suivi cardiaque à l’âge adulte.
Cocker SpanielUne bonne heure de quête olfactive, oreilles contrôlées et séchées après chaque bain, toilettage régulier.
Shih TzuSorties courtes mais quotidiennes, brossage à peau, coupe entretenue, vigilance sur les yeux et la chaleur.
ChihuahuaSocialisation sérieuse, marche au sol plutôt qu’en sac, contrôle des rotules et des dents.

Un dernier point que les éleveurs répètent et qu’on entend peu : à l’intérieur d’une même race, la lignée compte parfois plus que la race elle-même. Un Berger Allemand issu de lignée de travail et un Berger Allemand de lignée beauté n’ont ni le même dos ni le même niveau d’énergie. Demandez d’où viennent les parents, et pour quoi ils ont été sélectionnés.

Résumer cet article avec :

Partager :