Chien Courant de Hamilton : le stövare suédois qui chasse le lièvre seul

Chien Courant de Hamilton

Le Chien Courant de Hamilton chasse seul. Un chien, un lièvre, une forêt. C’est la différence de fond avec les meutes françaises et anglaises, et c’est ce qui explique son tempérament : un courant de meute travaille dans le collectif, un Hamiltonstövare travaille dans la solitude et revient chercher son maître. La conséquence pour un propriétaire est concrète : la race est plus liée à l’humain que la moyenne des courants, tout en gardant un nez qui commande à peu près tout le reste.

C’est aussi l’une des races de chasse les plus répandues en Suède, ce qui la rend beaucoup plus facile à trouver que les courants nordiques voisins. En France, elle reste confidentielle.

Un chien conçu par le fondateur du Kennel Club suédois

La race porte le nom d’Adolf Patrick Hamilton, comte suédois et fondateur du club canin national à la fin du XIXe siècle. Il ne s’agit pas d’une population paysanne fixée par hasard : le Hamiltonstövare est une construction délibérée, à partir de chiens courants allemands du nord et de courants anglais, Foxhound et Harrier, mariés à des courants suédois locaux. Le but affiché était d’obtenir un chien capable de chasser le lièvre et le renard seul, dans une forêt suédoise, par grand froid.

La Fédération cynologique internationale le classe dans le groupe 6, chiens courants et chiens de recherche au sang, section des grands courants. Il a longtemps été appelé simplement stövare en Suède, le mot désignant le chien courant en général, avant que le nom du comte ne s’attache officiellement à la race.

Lire la robe tricolore

Le patron de couleur est codifié. Manteau noir sur le dos et les flancs, feu du brun clair au rouge sur la tête, les oreilles, les membres et le dessous, blanc en liste sur le chanfrein et le front, en collier autour du cou, au poitrail, au bas des pattes et au bout de la queue. Le blanc ne doit pas dominer, le noir ne doit pas descendre sur les membres.

Le format est celui d’un grand courant : le garrot se situe grossièrement entre 49 et 61 cm selon le sexe, les mâles nettement au-dessus des femelles. Le chien est rectangulaire, sec, avec une poitrine descendue et des membres droits. Le poil est court, dur au toucher, bien couché, doublé en hiver d’un sous-poil qui disparaît en grande partie au printemps.

Chien Courant de Hamilton

Le bruit, sujet numéro un pour un futur maître

Un chien qui chasse seul doit signaler sa position et l’avancée de la poursuite. Le Hamiltonstövare a donc une voix profonde, portante, et il l’utilise volontiers. Les Suédois évaluent la qualité de cette voix en épreuve de travail, au même titre que la vitesse ou la persévérance sur la voie.

Cela ne pose aucun problème dans une ferme isolée du Värmland. Cela en pose beaucoup dans une maison mitoyenne de banlieue française. Un chien de cette race qui aperçoit un chevreuil ou un chat depuis le jardin donne de la voix, et ce n’est pas un aboiement de garde mais une sonnerie de chasse qui dure. C’est le premier motif d’abandon chez les courants adoptés par des non chasseurs.

Ce que demande la semaine

Un adulte réclame au minimum deux heures d’activité quotidienne, dont une majorité hors trottoir : forêt, chemins, prés, avec la liberté de mettre le nez au sol. La marche en laisse dans une rue ne fatigue pas ce chien, elle le frustre.

La stimulation olfactive fait le gros du travail. Une piste tracée dans un pré, une ration éparpillée dans les herbes hautes, du mantrailing en club : vingt à trente minutes de recherche produisent une fatigue nettement plus durable qu’une course derrière un vélo. Pour un propriétaire non chasseur, ces disciplines ne sont pas un pis-aller, elles sont ce qui rend la cohabitation viable.

Une fois dépensé, le chien est étonnamment calme dans la maison. Il est sociable avec les autres chiens, doux avec les enfants qu’il connaît, peu méfiant avec les visiteurs, ce qui en fait un mauvais chien de garde et un bon chien de famille rurale. Il supporte mal les longues absences : ce n’est pas une race à laisser seule huit heures par jour.

Santé et entretien

L’entretien du poil est minimal : un brossage par semaine, davantage pendant la mue de printemps qui est franche. Aucune coupe, aucun toilettage payant, ce qui allège durablement le budget par rapport à une race à poil long.

Les oreilles tombantes créent un milieu confiné propice aux otites externes. Un contrôle hebdomadaire et un nettoyage avec une solution auriculaire suffisent en général. Entre mai et juillet, les épillets de graminées se logent dans le conduit auditif, entre les doigts et sous les paupières ; l’inspection au retour de balade évite une extraction sous sédation qui coûte cher.

La race est globalement saine, mais deux points reviennent dans le suivi des clubs. La dysplasie coxo-fémorale, d’abord, dépistée par radiographie officielle des reproducteurs et cotée de A pour des hanches indemnes à E pour une atteinte sévère : demandez les résultats des deux parents, pas une affirmation orale. Des cas d’épilepsie idiopathique, ensuite, ont été rapportés dans la race, ce qui justifie de s’informer auprès de l’éleveur sur les antécédents de la lignée. L’espérance de vie annoncée se situe autour de douze à quatorze ans.

Trouver un chiot

La Suède produit beaucoup de portées et le club de race y est structuré, ce qui rend l’importation plus simple que pour la plupart des courants nordiques. Quelques élevages existent en France, en nombre très limité. Un éleveur sérieux vous interrogera sur votre logement, sur le temps de présence à la maison et sur ce que vous comptez faire du chien : ces questions sont un bon signal.

Restez prudent devant les annonces sans pedigree qui parlent vaguement de « courant tricolore ». Le Hamiltonstövare ressemble de loin à d’autres tricolores, du Beagle-Harrier au courant anglo-français de petite vénerie, et beaucoup de croisements sont vendus sous une étiquette flatteuse. Un pedigree, la mère visible sur place et un chiot cédé après huit semaines révolues restent les trois vérifications qui écartent la plupart des mauvaises surprises.

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