Colley à poil long : deux heures de brossage par semaine
Il faut compter deux bonnes heures de brossage par semaine pour tenir la robe d’un Colley à poil long adulte, et davantage au printemps. C’est le premier chiffre à connaître avant de céder devant une portée. Le reste suit : un chien de berger écossais de taille moyenne à grande, sensible, doux avec les enfants, jamais agressif de tempérament, mais qui exige un propriétaire prêt à s’occuper de son poil toute sa vie.
Cette fiche reprend la race point par point : origine, standard, couleurs, entretien, génétique et coût.
Ce que Lassie a fait à la race
Le roman d’Eric Knight publié en 1940, puis les films et la série télévisée qui ont suivi, ont installé le Colley à poil long dans l’imaginaire mondial. La demande a explosé aux États-Unis et en Europe, et cette popularité a eu le double effet habituel : des élevages sérieux se sont structurés, et beaucoup de portées ont été produites sans le moindre contrôle.
Le personnage a aussi installé une idée fausse durable, celle du chien qui comprend tout et se débrouille seul. Le colley est intelligent au sens où il apprend vite et anticipe, pas au sens où il devinerait ce qu’on attend de lui sans qu’on le lui enseigne.
Avant le cinéma, la race travaillait sur les troupeaux de moutons des Highlands et des Lowlands écossais. La reine Victoria s’y est intéressée au XIXe siècle, ce qui a lancé la mode dans l’aristocratie britannique et orienté la sélection vers un chien plus grand et plus élégant que le berger d’origine.
Le standard, mesures à l’appui
Le mâle se situe entre 56 et 61 cm au garrot pour 20 à 29 kg, la femelle entre 51 et 56 cm pour 18 à 25 kg. La FCI le range dans le groupe 1, section des chiens de berger, pays d’origine la Grande-Bretagne.
La tête doit former un coin bien lisse, fin et long, sans joues saillantes ni museau pointu. Le stop est léger mais présent, situé à mi-chemin entre l’occiput et le bout de la truffe, qui reste noire quelle que soit la couleur de la robe. Les yeux sont en amande, obliques, de taille moyenne, et l’expression qui en résulte est le point que les juges regardent en premier.
Les oreilles sont petites, portées en arrière au repos, semi-dressées en éveil avec la pointe basculée en avant. Une oreille entièrement dressée ou entièrement tombante est un défaut de type courant.
Zibeline, tricolore, bleu merle, blanc
La robe zibeline et blanc va du doré pâle à l’acajou profond, sur un fond de marques blanches. Le tricolore associe un noir dominant, du blanc et des marques feu aux joues et aux membres. Le bleu merle donne un gris argenté marbré de noir, avec ou sans feu.
Une mise en garde s’impose sur le merle. Accoupler deux sujets merles produit statistiquement des chiots double merle, souvent sourds, aveugles ou les deux. Aucun éleveur informé ne pratique ce mariage. Si une annonce vante une portée de deux parents bleu merle, passez votre chemin.
La structure du poil et la mue
La robe se compose de deux étages : un poil de couverture long, dur au toucher et droit, et un sous-poil laineux si dense qu’on peine à voir la peau en écartant les poils. La collerette et le jabot forment la crinière, les membres postérieurs portent des culottes, la queue est panachée.
Les nœuds se forment toujours aux mêmes endroits : derrière les oreilles, aux aisselles, à l’arrière des cuisses et sous la queue. Travaillez ces zones en premier, mèche par mèche, avec un peigne à dents larges puis un râteau qui atteint le sous-poil. La brosse à picots seule glisse sur le dessus sans rien démêler en profondeur, c’est l’erreur classique du débutant.
Ne tondez pas un colley pour l’été. Le sous-poil isole de la chaleur autant que du froid, et une tonte peut altérer durablement la repousse. Contre la chaleur, préférez un démêlage sérieux qui retire le poil mort, de l’ombre et des sorties tôt le matin.
Un caractère doux qui déteste le bruit
Le Colley à poil long est un chien de contact, présent sans être envahissant, très porté sur les enfants de la maison. Il n’a pas d’instinct de garde au sens de la défense, il alerte de la voix puis s’en remet à son propriétaire.
Sa sensibilité est son trait dominant, et elle a deux faces. Elle rend l’éducation agréable, parce que le chien coopère et cherche à bien faire. Elle le rend aussi vulnérable au climat de la maison : les disputes, les cris, les orages et les feux d’artifice l’affectent plus que la moyenne. Une phobie sonore mal prise en charge s’aggrave d’année en année dans cette race.
L’instinct de rassemblement subsiste chez certains sujets, sous une forme atténuée : le chien tourne autour du groupe d’enfants qui court, pousse du nez, tente de canaliser. Ce comportement s’interrompt facilement s’il est traité tôt par une redirection vers un jeu.
MDR1, les molécules concernées
La mutation du gène MDR1 est fréquente chez le Colley à poil long et modifie la façon dont l’organisme gère certains médicaments. Le chien touché ne les élimine pas correctement au niveau de la barrière entre le sang et le cerveau : ils s’y accumulent et deviennent neurotoxiques à des doses pourtant courantes.
Les familles de molécules à manier avec précaution comprennent l’ivermectine et les lactones macrocycliques apparentées utilisées comme antiparasitaires, le lopéramide employé contre la diarrhée, plusieurs anticancéreux dont la vincristine et la doxorubicine, ainsi que certains produits de la chimie vétérinaire courante. Le vétérinaire dispose de listes à jour et d’alternatives sûres pour chaque situation, à condition de connaître le statut du chien.
Le dépistage est simple : un écouvillon buccal envoyé à un laboratoire agréé, une fois pour toute la vie. Réclamez le statut des deux parents avant d’acheter, et faites tester votre chien s’il vient d’un refuge ou d’un particulier.
Exercice et travail à lui proposer
Deux sorties quotidiennes d’une heure environ conviennent à un adulte, dont une avec de la course libre. Le colley n’est pas un sprinter, c’est un trotteur endurant : il suit une randonnée de plusieurs heures sans difficulté, à condition d’avoir de l’eau et de l’ombre à disposition.
Côté activité guidée, l’obéissance et le pistage lui vont bien, et son gabarit léger le rend à l’aise en agility. Le troupeau de loisir réveille l’instinct chez beaucoup de sujets. Chez le chiot en croissance, évitez les sauts et les longues courses derrière un vélo avant la fin de la première année, les cartilages de croissance ne sont pas encore fermés.
Le budget sur la durée
À l’achat, un chiot inscrit au LOF issu d’un élevage qui teste MDR1 et fait examiner les yeux de sa portée se paie plus cher qu’un chiot de particulier, et cet écart correspond à des frais réels engagés avant la vente.
Sur l’année, prévoyez l’alimentation d’un chien d’une vingtaine de kilos, les vaccins, les antiparasitaires adaptés au statut MDR1, une visite annuelle, et le budget toilettage si vous déléguez le démêlage. L’espérance de vie de la race se situe autour de douze à quatorze ans, avec un vieillissement souvent tranquille.
Un détail que les nouveaux propriétaires découvrent tard : la collerette d’un colley ramasse l’eau de la gamelle et l’égoutte sur le sol de la cuisine à chaque fois qu’il boit. Une gamelle à bord étroit, dite gamelle à épagneul, règle ce problème pour quelques euros.
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