Berger Belge Groenendael : le poil long noir et son entretien
Il y a une seule race de Berger Belge à la FCI, enregistrée sous le numéro 15, et quatre variétés qui se distinguent par la texture et la couleur du poil. Le Groenendael est celle du poil long entièrement noir. Son nom vient du village de Groenendaal, au sud-est de Bruxelles, où l’éleveur Nicolas Rose rassembla à la fin du XIXe siècle les sujets noirs à poil long qui allaient fixer le type. C’est cette variété qui a fait connaître le Berger Belge hors de ses frontières, et qui reste, pour beaucoup, l’image mentale de la race.
Ce que le noir long change par rapport aux trois autres variétés
La différence entre les quatre variétés tient au manteau, pas au squelette. Le Malinois porte un poil court fauve charbonné, le Laekenois un poil dur et rêche, le Tervuren un poil long fauve charbonné. Le Groenendael, lui, est long et noir, uniformément, sans charbonnage puisqu’il n’y a rien à charbonner. Une petite tache blanche au poitrail et une trace de blanc aux doigts sont tolérées par le standard, rien de plus.
Ce manteau a des conséquences pratiques que les acheteurs découvrent après coup. Le poil long double avec un sous-poil dense donne un chien qui supporte bien le froid et la pluie, beaucoup moins les canicules. Le noir absorbe la chaleur : une sortie de midi en plein été n’est pas la même affaire pour un Groenendael que pour un Malinois. Le décalage horaire des promenades en juillet et août fait partie du contrat.

Morphologie et allure
Le Berger Belge est un chien carré : la longueur du corps égale à peu près la hauteur au garrot. Les mâles mesurent environ 62 cm au garrot, les femelles environ 58 cm, avec une tolérance de quelques centimètres de part et d’autre. Le poids suit, autour de 25 à 30 kg chez le mâle et 20 à 25 kg chez la femelle. L’ensemble est sec, sans lourdeur, avec une ligne de dos droite : le Berger Belge n’a jamais connu la dérive du dos plongeant qui a abîmé le Berger Allemand de lignée beauté.
Chez le Groenendael, la tête est fine, ciselée, portée haute. Le collier de poils autour du cou, les culottes à l’arrière et le panache de la queue donnent la silhouette caractéristique. Le poil est droit et abondant, jamais laineux ni bouclé. Les oreilles restent petites, triangulaires, dressées et bien plantées.
Entretien du poil, en heures et en gestes
Voilà le poste de travail que les autres variétés n’imposent pas au même degré. Hors mue, un bon brossage hebdomadaire de vingt à trente minutes suffit, à condition d’aller jusqu’à la peau. Le piège du poil long est le brossage de surface : la brosse glisse sur le dessus pendant que le sous-poil feutre dessous, derrière les oreilles, aux aisselles, aux culottes et sous la queue. Un peigne métallique passé après la brosse est le seul moyen de vérifier qu’on est vraiment allé au fond.
En mue, deux fois par an, on passe à trois ou quatre séances par semaine pendant trois à quatre semaines, et la quantité de sous-poil qui sort surprend toujours les nouveaux propriétaires. Le bain reste occasionnel : un poil de Berger Belge se salit peu et la boue sèche se brosse. Quant au rasage, il est à proscrire en dehors d’une indication vétérinaire, car le sous-poil protège autant du soleil que du froid et repousse souvent mal.
Tempérament : vigilant, expressif, jamais neutre
Le Groenendael est un chien attentif en permanence à ce qui se passe autour de lui. Il suit du regard, il se lève quand quelqu’un se lève, il annonce ce qui arrive. Cette vigilance fait le bon gardien et le mauvais voisin quand elle n’est pas cadrée : un Berger Belge qui aboie sur tout ce qui bouge dans la rue a été laissé libre de le faire trop longtemps.
Avec sa famille, il est démonstratif et très lié. Il n’a pas le détachement d’un chien primitif, il veut participer. Avec les inconnus, il reste sur la réserve, ce que le standard accepte : la race n’est pas censée être exubérante avec le premier venu. Une socialisation régulière pendant les six premiers mois, avec des rencontres courtes et positives, fait toute la différence entre la réserve et la crainte.
Sur le plan de l’éducation, la sensibilité de la variété impose la douceur. Les méthodes coercitives produisent chez le Groenendael un chien qui se ferme ou qui anticipe mal, jamais un chien plus obéissant. Le renforcement positif et la constance donnent en quelques mois un partenaire d’une précision étonnante en obéissance.
Dépense quotidienne réaliste
Deux sorties par jour ne suffisent pas si elles se résument à faire le tour du pâté de maisons. Il faut au minimum une heure d’activité soutenue quotidienne, plus des séances de travail mental. Le Groenendael excelle en obéissance de compétition, en agility, en pistage et en recherche utilitaire. Il garde aussi des aptitudes au troupeau là où des éleveurs continuent de le faire travailler.
En appartement, la vie reste possible, mais à deux conditions : que le chien soit sorti longuement matin et soir, et que l’aboiement ait été travaillé dès le plus jeune âge. Sans ces deux points, le voisinage tranche avant vous.
Santé et dépistages à exiger
Comptez une douzaine d’années de vie commune, parfois deux de plus. La dysplasie coxo-fémorale est moins fréquente ici que dans beaucoup de races de berger, ce qui ne dispense pas du dépistage radiographique officiel avec cotation de A à E ; la dysplasie du coude fait l’objet d’un examen séparé. Les affections oculaires, notamment l’atrophie rétinienne progressive et la cataracte, méritent un examen ophtalmologique des reproducteurs. Comme chez tous les chiens de grande taille au thorax profond, le syndrome de dilatation-torsion de l’estomac reste une urgence à connaître : ventre gonflé et dur, tentatives de vomissement improductives, abattement brutal. On part chez le vétérinaire immédiatement, pas le lendemain matin.
Prix du chiot et sérieux de l’élevage
Chez un éleveur qui teste et fait travailler ses chiens, le chiot Groenendael LOF se négocie de quelques centaines d’euros jusqu’au-delà du millier, selon la réputation de l’affixe. Ce qui justifie l’écart n’est pas la couleur, puisqu’ils sont tous noirs, mais les résultats de dépistage, les titres de travail des parents et la qualité de l’élevage des huit premières semaines. Demandez à voir la mère, à voir où les chiots ont grandi, et à savoir combien de portées elle a déjà eues.
Un repère pour finir : la mue d’automne d’un Groenendael adulte remplit un sac plastique de sous-poil sur trois semaines. Si cette phrase vous décourage, la variété à poil court de la même race s’appelle Malinois.
Résumer cet article avec :
Partager :